L'INFIRMIER GÉNÉRAL ET LA VIOLENCE EN GÉRIATRIE
Quel Projet pour Une Meilleure Qualité de Vie ?
Jean-René MARTIN, infirmier général au CHU de POITIERS
ÉCOLE NATIONALE DE LA SANTÉ PUBLlQUE
Mémoire, Promotion 1991 - 1992.Iconographie Yves Gineste
AVANT PROPOS
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE: le contexte institutionnel: violence et vieillissement
* Charte des droits de la personne âgée dépendante en institution
- I - LE CONTEXTE INSTITUTIONNEL
- l - GÉNÉRALITÉS
- 2 - LES UNITÉS DE SOINS
- 3 - LES SERVICES DE LONG SÉJOUR
- 3.1 - statuts
- 3.2 - le Personnel soignant
- II - LES CHAMPS DE LA VIOLENCE.
- 1 - DÉFINITIONS
- 2 - LES CONCEPTS DE VIOLENCE
- 3 - LES DIFFÉRENTES FORMES DE VIOLENCE EN GÉRIATRIE
- 3.1 - la violence physique
- 3.2 - la violence psychologique
- 3.3 - la violence sociale
- 3.4 - la violence thérapeutique
- 3.5 - la violence matérielle et architecturale
- 4 - LES FACTEURS DE RISQUE
- III - LES DIFFÉRENTS ASPECTS DU VIEILLISSEMENT
- 1 - RAPPEL
- 2 - GÉNÉRALITÉS
- 3 - ASPECT PHYSlOLOGIE
4 - ASPECT PSYCHOLOGIQUE
- 5 - ASPECT SOCIAL
DEUXIEME PARTIE: outils de recherche. analyse de situation..
- I - LA RECHERCHE BlBLIOGRAPHlQUE
- II - L'ENQUETE
- 1 - Choix DES INTERVIEWS
- 2 - LA GRILLE d'ENTRETIEN
- 3 - DURÉE DES INTERVIEWS
- 4 - SYNTHESE
- III - COMMENTAIRE ET ANALYSE DES ENTRETIENS
- 1 - LES MÉDECINS
- 2 - LES SURVEILLANTES-CHEFS
- 3 - LES SURVEILLANTES
- 4 - L'EQUlPE PLURlDISCIPLlNAlRE
- 5 - LES INFIRMIERES
- 6 - LES AIDES- SOIGNANTS
TROISIEME PARTIE: rôle de l'infirmier général: le projet et "qualité de vie"
- I - CONCEPTION DES SOINS.
- I - LE PROJET DE SERVICE
- 1- UN PROJET DE VIE POUR LE PENSIONNAIRE
- 2 - LA FORMATION DU PERSONNEL
- 2.1 - la formation à la communication
- 2.2 - la formation sur "le phénomène d'usure" de l'équipe
- 3 - LE RECRUTEMENT DU PERSONNEL
- 4 - L'ARCHITECTURE ET LE MOBILIER
- 4.1 - les locaux
- 4.2 - le mobilier
- 5 - LES MÉDECINS
La violence est un problème de société.
Tous les jours, nous pouvons relever les mots violence - agression dans les journaux.
La violence auprès des personnes âgées commence à devenir un phénomène médiatique. Des titres accusateurs, tels que " En France, on bat les vieux", font la une de revues à grand tirage (Revue MARIE-CLAIRE' n. 477,mai 1992)
Des spécialistes, tels le Professeur HUGONOT dans son livre " La violence contre les vieux" (HUGONOT R., Violence contre les vieux" Ed. Erés, 1990) nous décrit la violence en institution. Il nous parle des sévices infligés aux pensionnaires, du ton injurieux utilisé par certains soignants.
En qualité d'Infirmier Général, prochainement affecté dans le secteur gériatrique d'un Centre Hospitalier Universitaire, soucieux du respect de la personne soignée, et de la qualité des soins, ma mission m'amène à réfléchir davantage à ce problème crucial existant dans toute institution. Pour cela, il est important de donner la parole aux soignants directement impliqués.
Élevé dans une famille très unie, où mes souvenirs d'enfance sont remplis d'histoires merveilleuses, racontées par ma grand-mère, j'ai toujours gardé un profond respect pour les personnes âgées.
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Par la suite, j'avais été surpris par le comportement de certains soignants dans leur relation avec les personnes âgées. Le manque de respect était quotidien. Beaucoup de personnes étaient tutoyées, les ordres donnés étaient brutaux, mêlés de réprimandes. Les résidents étaient culpabilisés dans leur perte d'autonomie ("t'as encore fait au lit !").
Je me souviens avoir été scandalisé par l'attitude d'un aide-soignant lors du décès d'un patient. Celui-ci avait arraché, avec une paire de ciseaux les timbres postes d'un colis que le malheureux venait de recevoir le jour même. Il avait fait cela devant sept autres pensionnaires en disant d'un ton ironique: "Ca ne te dérange pas, tu ne les collectionneras plus maintenant" . Ce manque de respect, cet acte de violence, même devant la mort, m'avait attéré. Après renseignements, cet agent était venu travailler en gériatrie, suite à une mutation des unités de court séjour pour attitude et langage désinvolte. En fait, ce changement de poste lui permettait d'exprimer pleinement sa désinvolture. D'autres soignants qui se trouvaient là n'avaient rien dit; cela paraissait banal.
Je ne porte pas de jugement de valeur sur cet agent, je constate que ce fut inadéquat et que peut-être, sa formation, son encadrement n'étaient pas suffisamment assurés (chercher des causes, pas des coupables).
Lorsque je fus nommé cadre infirmier, j'ai pris la charge d'un service d'enfants et d'adultes arriérés profonds. J'ai, de nouveau été, confronté à ce problème avec un certain nombre d'agents.
Dans les centres gérontologiques, les secteurs réputés les plus difficiles sont les unités de long séjour. Je vais donc orienter mon étude vers ces services. Pour une meilleure connaissance du contexte institutionnel et social un premier "état des lieux" s'impose:
LE CONSTAT:
Le fait même, de placer les personnes âgées en institution peut être ressenti par celles-ci comme un acte de violence.
En hôpital général, les structures habituelles des unités de long séjour s'apparentent beaucoup aux services de court séjour avec des unités de 30 à 35 lits.
Les personnes âgées qui y sont accueillies, sont généralement dépendantes physiques et psychiques. La charge en soins d'entretien de la vie est donc très importante. Cela engendre des difficultés d'autant plus grandes que le personnel soignant est en nombre insuffisant, mal formé, assumant un travail non valorisé.
La finalité des soins, au sens large, dispensée en long séjour est essentiellement basée sur la notion de qualité de la vie, et ce, jusqu'à la mort. La personne âgée apparaît souvent comme déprimée ou peu motivée, et le soignant doit constamment s'efforcer de maintenir ses ressources et ses potentiels vitaux existants: c'est ce qui induit souvent un phénomène d'usure et d'épuisement.
La gériatrie apparaît souvent comme le parent pauvre de l'hôpital. Les moyens matériels et humains y semblent minimisés. Elle subit encore le poids du passé, avec les hospices et les images qu'ils nous renvoient.
De plus, elle est le lieu de tous les excès avec ses joies mais aussi ses peines, mêlées à des tensions affectives très fortes. Pour la personne âgée, le soignant peut aussi prendre la place de la fille ou de la petite fille qu'elle ne voit plus.
L'affaiblissement des fonctions vitales ralentit son rythme de vie. Bien souvent, les contraintes institutionnelles font que la personne âgée ne peut plus vivre à son rythme, et qu'elle subit les soins comme un acte agressif.
Ses besoins ne sont plus respectés (le petit déjeuner est servi à 6 heures 30, suivi de la toilette et le dîner à 17 heures 30 en 10 minutes pour pouvoir faire manger tous les malades dépendants).
Parler de lieux de vie, de qualité de vie en long séjour, demande donc des préalables qu'il faut connaître.
Le mal-être des personnes âgées et des soignants est aussi une réalité qu'il faut prendre en compte. Cette réalité, non seulement il ne faut pas la nier mais il faut pouvoir en parler, en prendre conscience, pour que le groupe soignant puisse réagir, et ne pas l'accepter comme une fatalité avec ses effets néfastes et destructeurs.
En ce qui concerne l'attrait de cette discipline, si l'on compare deux chiffres actuels sur le nombre de professeurs français agrégés en gérontologie (19) et le nombre de pédiatres (420) , (Dr. OLLIVIER Yvon, Gériatre, conférence, mars 1992) il est évident que l'intérêt porté à cette partie de la médecine reste faible. Il est facile d'en déduire que cela entraîne un manque de formation et d'informations pour les infirmières et les aides-soignantes. Cela ne va pas créer des vocations pour venir travailler en gériatrie.
Le postulat qui va guider ma réflexion est le suivant:
La violence dans les soins on gériatrie, quand elle existe, fait obstacle à la réalisation de véritables lieux de vie pour les personnes âgées.
C'est par une réflexion avec les cadres infirmiers, les médecins et les équipas soignantes que l'Infirmier Général pourra trouver des solutions pour faire régresser ce phénomène, et se donner les moyens de créer de véritables lieux de vie.
Ce travail, de nature exploratoire, doit me permettre de répondre aux questions suivantes:
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Cette première partie est principalement consacrée aux apports théoriques sur la problématique du vieillissement et de la violence en institution.
Je parlerai tout d'abord du contexte institutionnel dans lequel vivent les différents acteurs en présence.
Puis, j'aborderai les différents aspects de la violence dans la relation soignant-soigné.
Enfin, pour une meilleure connaissance de la personne âgée, il m'a semblé important de développer les différents aspects du vieillissement.
Ce sujet pose un problème d'éthique professionnelle; c'est pourquoi, il m'a semblé important avant d'aborder les différents points de cette partie, de rappeler la charte des personnes âgées dépendantes en institution:
Droit des personnes âgées dépendantes en institution
Le respect des droits et libertés des personnes âgées dépendantes concerne tous les lieux de vie: logements-foyers, maisons de retraite, résidences, services hospitaliers, unités de long séjour...
1 - Tout résident doit bénéficier des dispositions de la Charte des droits et libertés des personnes âgées dépendantes.
2 - Nul ne peut être admis en institution sans une information et un dialogue préalables et sans son accord.
3 - Comme pour tout citoyen adulte, la dignité, l'identité et la vie privée du résident doivent être respectées.
4 - Le résident a le droit d'exprimer ses choix et ses souhaits.
5 - L'institution devient le domicile du résident, il doit y disposer d'un espace personnel.
6 - L'institution est au service du résident. Elle s'efforce de répondre à ses besoins et de satisfaire ses désirs.
7 - L'institution encourage les initiatives du résident. Elle favorise les activés individuelles et développe les activités collectives (intérieures ou extérieures) dans /e cadre d'un projet de vie.
8 - L'institution doit assurer les soins infirmiers et médicaux les plus adaptés à l'état de santé du résident. S'il est nécessaire de donner des soins à l'extérieur de l'établissement, le résident doit en être préalablement informé.
9 - L'institution accueille la famille, les amis ainsi que les bénévoles et les associe à ses activités. Cette volonté d'ouverture doit se concrétiser par des lieux de rencontre, des horaires de visites souples, des possibilités d'accueil pour quelques jours et par des réunions périodiques avec tous les intervenants.
10 - Après une absence transitoire (hospitalisation, vacances, etc...), le résident doit retrouver sa place dans l'institution.
11 - Tout résident doit disposer de ressources personnelles. Il peut notamment utiliser librement la part de son revenu qui reste disponible.
12 - Le droit à la parole est fondamental pour les résidents.
Cette charte a été établie par la commission "Droits et Libertés" de la Fondation Nationale de Gérontologie en 1986.
I - LE CONTEXTE INSTITUTIONNEL
L'hôpital est une structure très hiérarchisée, avec des catégories socio-professionnelles très diverses. Entre les personnels administratifs, soignants, médico-techniques, techniques, logistiques, il existe bien des cloisonnements. D'autre part, au sein même de chaque catégorie, il y a une hiérarchie importante qui est un frein à la communication et aux initiatives. L'hôpital est figé dans cette structure avec ses lois et ses normes.
Que devient le soignant dans tout cela ?
Son pouvoir devient très faible et sa part d'autonomie très limitée.
Une certaine forme d'indifférence peut apparaître entre le personnel des services de haute technicité dite de "prestige" et les services un peu oubliés de long séjour.
Cet attrait pour la technique peut entraîner chez les agents de gériatrie, déconsidération et démotivation.
Sur le plan statutaire, ils se définissent de la façon suivante: "Établissement ou partie d'établissement qui a pour mission l'hébergement de longue durée des personnes ayant perdu leur autonomie de vie et dont /'état nécessite une surveillance médicale constante et des traitements d'entretien''( Loi n° 7 0-1318 du 3 1 décembre 1970, Art. 4 modifiée par la loi n° 91 -748 du 31 juillet 1991, Art. L.711-2) .
- 3.2 - le personnel soignant
Il est, en général peu motivé, pour venir
travailler dans ces services.
Les raisons qui amènent une personne à venir y
travailler sont les suivantes:
. jeunes diplômés en attente de court
séjour,
. employés proches de la retraite,
. mutations disciplinaires,
. perspectives de titularisation,
. besoins d'horaires aménagés
Certains choisissent cette discipline, mais ils sont peu nombreux.
H. PEQUIGNOT, écrit: "la gériatrie souffre plus cruellement que toutes les spécialités médicales, d'être exercée par des soignants radicalement plus jeunes que leurs malades" ( PEQUIGNOT H., "La gériatrie aujourd'hui et demain", Gérontologie, n. 42. p. 27).
Il est malheureusement difficile de faire autrement. Cette phrase montre bien la particularité de ces services et les difficultés que peuvent rencontrer les soignants face au vieillissement et à la mort.
Les agents les plus sollicités auprès des personnes âgées sont les aides-soignants. Ils assurent tous les soins de base et d'entretien de vie, leur rôle relationnel est très important, malheureusement leur formation est souvent insuffisante, (de nombreux agents font fonction d'aide-soignant sans aucune formation théorique).
Les infirmières ont un rôle très important d'encadrement, d'animation et de soutien auprès des aides-soignants. Leur champ d'action est très vaste, la gériatrie est un lieu où elles peuvent exprimer pleinement leur rôle propre.
Parmi le groupe soignant, il y a aussi le personnel d'encadrement, composé d'un cadre infirmier et d'une surveillante-chef. Leur rôle est très important pour clarifier les objectifs, organiser, motiver et valoriser les équipes.
II - LES CHAMPS DE LA VIOLENCE
Selon le Petit Larousse, la violence se caractérise par le comportement de quelqu'un qui est emporté, agressif, brutal. Généralement, la violence se perçoit comme une action directe ou indirecte en vue de porter atteinte à une personne, ou de la blesser dans son intégrité physique ou psychique. En tant que soignant, la violence peut aussi se percevoir par l'omission d'un acte essentiel au bien être de la personne. La violence est négative car elle tend à déstabiliser, voire détruire la personnalité de la personne qui la reçoit. Elle peut aussi avoir un effet miroir et entraîner à son tour des réactions agressives, voire violentes.
Pascal VIVET (Vivet P., "Aimer mal. châtier bien". Éditions du Seuil, 1991), dans son enquête sur les violences d'adolescents en institution, en signale deux aspects. La violence en "bosse" qui correspond à la définition première du terme "violence" (violence physique et psychologique), et la violence en "creux" qui se caractérise par la négligence, l'abandon dans la prise en charge des soins de la personne.
Dans le cadre gérontologique, la violence envers les personnes âgées s'inscrit plus dans le cadre de soins inadéquats, de négligences ou d'abus.
Le premier est celui de la violence inhérente à toute institutionnalisation. Son existence est inévitable. C'est le cas de la personne âgée placée par sa famille sans en être informée, ou sans son consentement. Celle-ci se retrouve du jour au lendemain loin de son village, de ses voisins, de ses amis, de son animal familier.
Cette violence institutionnelle est inévitable, bien qu'elle s'exerce "pacifiquement" et sous des couvertures légales. Le soignant devient l'oppresseur, et toute action de soins est une "agression caractérisée". Le concept sociologique est très important en ce qui concerne les personnes âgées. Leur caractéristique commune est d'être âgée avant d'être un individu. Cette image indifférenciée, ajoutée à l'inactivité professionnelle a un retentissement négatif sur le regard porté à la personne âgée.
Le concept de violence légitime et illégitime peut aussi être évoqué. Ainsi dans une institution, un certain nombre d'actions de soins peuvent être dénoncées comme violentes par un groupe d'observateurs externes et jugées comme normales et nécessaires par l'équipe soignante.
Le concept de violence individuelle peut souvent se confondre avec celui de l'institution. Il faut apporter une nuance à ce concept lorsqu'il s'agit d'actes répréhensibles commis volontairement par un agent en dehors de toute règle institutionnelle.
Dans les institutions et notamment en long séjour, les "petites violences" que subissent les personnes âgées peuvent se manifester de plusieurs façons, sous des formes très diverses.
- 3.1- la violence Physique
Elle consiste à infliger sciemment, ou non, des souffrances physiques, ou d'interdire l'accès à des soins de santé de qualité, pour gagner du temps. Par exemple cela peut être : " escamoter" un soin de bouche, faire une toilette rapide, mettre une couche systématiquement chez une personne âgée pouvant être rééduquée. Donner des repas trop rapides ou insuffisants, faire des gestes brusques et inadaptés sans prévenir la personne (Exemple: les heurts des mains dans les contours de portes lors d'une aide à la marche ou en fauteuil roulant). Toutes ces situations sont autant de cas de violences physiques qui peuvent se rencontrer lors des soins.
- 3.2 - la violence psychologique
Elle se traduit par toute forme d'abus consistant à retirer à la personne âgée son pouvoir de décision. Cela peut s'illustrer par le ton de la voix, autoritaire, cassante, par le fait de s'adresser à elle avec des cris de reproche pour la culpabiliser, en la tutoyant sans qu'elle l'ai demandé, ou bien au contraire en l'infantilisant (ex.: "c'est l'heure de changer ta couche" ou "bien t'as encore fait pipi au lit...").
- 3.3 - la violence sociale
Elle se caractérise principalement par le fait d'ignorer sa présence lors des soins, de la priver de toute action, ou de tout rôle social, sous prétexte qu'elle est trop vieille. Cela peut s'illustrer lors de la toilette, en la privant de toute intimité, ou bien, en l'attachant sur les toilettes. porte ouverte, ou encore en lui imposant la présence d'une autre personne pendant une toilette intime.
- 3.4 - la violence thérapeutique
La caractéristique majeure est l'acharnement thérapeutique. Mais cela peut être aussi l'absence de soins, le refus du médecin de donner un médicament qui apaise la douleur. Ce type de violence relève généralement de la décision d'une équipe avec le médecin.
- 3.5- la violence matérielle et architecturale
Elle peut se rencontrer dans des locaux vétustes, mal isolés, mal chauffés, sombres, trop exigus, où la personne ne peut pas avoir d'intimité, si elle le désire. Cela peut aussi être liée à des négligences humaines, avec l'emploi de mobiliers usés, hors normes de sécurité, risquant d'être dangereux pour la personne. Il y a violence, par manque de vigilance, à faire réparer ce matériel.
A cela peut s'ajouter une violence liée à une mauvaise organisation de l'institution (ex.: servir le dîner à 17 heures pour permettre aux cuisines de terminer à 18 heures 30)
Voici les principales formes de violence. Cette liste n'est pas exhaustive, il existe bien d'autres formes, d'autres variantes. Je n'ai pas cité les violences sexuelles, qui bien sûr, existent et sont souvent le fait d'un homme âgé vis-à-vis d'une pensionnaire. La sexualité chez les personnes âgées existe, la nier ou s'en moquer, est aussi un acte de violence.
L'aggravation brutale de l'état des patients avec une augmentation importante de la charge en soins sollicitant énormément le soignant, peut en être un. D'autant plus, s'il s'agit de personnes présentant des troubles psychiques importants.
Les motivations du personnel sont aussi un facteur important, surtout si l'équipe communique très mal entre elle, et si l'organisation du travail est mauvaise.
Le manque de professionnalisme du soignant peut aussi aggraver le risque si celui-ci ne comprend pas les situations auxquelles il est confronté, et s'il n'a pas de réponse à ses interrogations. Il peut alors commettre des actes de violence par omission volontaire ou non.
La concentration de personnes âgées démentes au sein d'une même unité, est aussi un facteur aggravant.
La vétusté des locaux avec des moyens matériels sous-évalués et un personnel insuffisant sont des risques majeurs.
III - LES DIFFÉRENTS ASPECTS DU VIEILLISSEMENT
Tout d'abord, il serait bon de définir quelques termes, tels que gérontologie, gériatrie et vieillissement.
LA GÉRONTOLOGIE
C'est l'étude de la vieillesse et des
phénomènes de vieillissement sous leurs divers
aspects, morphologiques, physiologiques, psychologiques et
sociaux.
LA GÉRIATRIE
C'est la médecine de la vieillesse, ensemble de moyens
préconisés pour retarder l'apparition de la
sénilité.
LE VIEILLISSEMENT
C'est le fait de devenir vieux, c'est l'ensemble de
phénomènes qui marquent l'évolution d'un
organisme vivant vers la mort. Il se caractérisent par un
ralentissement des fonctions.
Le phénomène de vieillissement est permanent quel que soit l'âge. Nous vieillissons un peu plus tous les jours, quels que soient les traitements et les cures prodigués.
Sur le plan génétique, certaines études laissent à penser que nos gènes devraient nous permettre de vivre jusqu'à 120 ans dans de bonnes conditions physiques et intellectuelles.
L'âge de la retraite (60 ou 65 ans) fixe en général l'entrée dans la catégorie des personnes, dite du troisième âge.
Ce regroupement sous une seule rubrique n'est pas satisfaisant, puisque toutes les personnes ne vieillissent pas au même rythme.
Les progrès de la médecine ont augmenté considérablement l'espérance de vie. Elle est passée de 48,5 à 72,5 chez l'homme et de 52,5 à 83,7 chez la femme entre 1913 et 1990. En 1900, le nombre de centenaires recensés était de 3, en 1953, il était de 200, en 1990, il est de 3 000 et en l'an 2 000, il serait de 6 000, avec une proportion de 7 femmes pour 1 homme. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes, l'an 2 000 est tout proche (COMPAN Bernard, "Le crépuscule de la vie : réflexion sur le vieillissement et sa finalité", information hospitalière de Nîmes, juin 1991, pp. 14-15).
Une question se pose:
QUEL ACCUEIL, QUELS SOINS POURRONS-NOUS, ET VOULONS-NOUS ASSURER A CES PERSONNES ?
Bien soigner en gériatrie, c'est avant tout savoir prendre soin de la personne âgée. Cela veut dire avoir une connaissance parfaite de celle-ci, sous son aspect bio-psycho-social.
Avec les années, les fonctions de l'organisme diminuent, les performances physiques et biologiques suivent une courbe descendante avec l'âge. La peau perd de son élasticité, les muscles perdent de la puissance, les os s'atrophient, le système immunitaire fonctionne moins bien.
Diminution des fonctions de l'organisme (COMPAN Bernard, "Le crépuscule de la vie : réflexion sur le vieillissement et sa finalité", information hospitalière de Nîmes, juin 1991, pp. 14-15). )
Les performances intellectuelles subissent une réduction inéluctable par la dégénérescence de quelques milliers de neurones, cela peut être majoré par l'effet néfaste de certains toxiques tels que alcool, tabac, médicaments sédatifs (somnifères). Les conséquences sont des troubles de la mémoire, des difficultés de compréhension (celle-ci est presque deux fois plus lente à 80 ans qu'à 20 ans), un ralentissement des mouvements, par exemple à la marche. Le déclin de la mémoire est appelé preshymnésie.
Bien sûr ces troubles sont très variables d'une personne à l'autre. Ils dépendent de l'hygiène de vie de la personne, de l'entrainement du cerveau au travail intellectuel. La mémoire peut par exemple se cultiver par une activité culturelle quotidienne (lecture, jeux ...)
La psychologie du vieillissement existe, c'est un problème qui détermine une multiplicité d'attitudes. Par exemple: le déficit auditif peut avoir des conséquences importantes sur le plan de l'isolement social, en effet les problèmes de surdité entraînent inévitablement des difficultés de communication inter-personnelles, qui provoquent une modification de l'humeur, accompagnés de phases de tristesse ou d'irritation. Les troubles de la vue peuvent entraîner à l'instar des troubles de l'équilibre, une crainte et une peur diffuse, gênant toute activité et tout déplacement
Le vieillissement cérébral, avec les troubles de la mémoire sont des faits récents, le ralentissement des facultés de compréhension et d'analyse face à des situations imprévues, ou des informations reçues peuvent entraîner une certaine démotivation. La personne âgée devient plus méfiante à l'égard de toute nouveauté. Elle perd un certain nombre d'initiatives dans sa vie quotidienne, elle se décourage facilement, dit qu'elle n'a envie de rien. Tout changement entraîne des difficultés d'adaptation et l'inquiète.
Ce détachement des activités quotidiennes est pour le Docteur THOME RENAULT un passage obligé de la vieillesse. Elle appelle cela "la dépression de désinvestissement''( THOME RENAULT Annette, "La dépression du désinvestissement: un passage obligé dans la vieillesse", le Quotidien du Médecin. 14 mai 1991, n. 476, p.19.)
La personne se désinvestit peu à peu du monde extérieur, limitant son intérêt ou son activité au quartier, à sa maison voire à sa chambre.
François MAURIAC dans son livre "Nouveaux mémoires intérieurs'' (MAURIAC François, "Nouveaux mémoires intérieurs", Paris, Éditions Flammarion, 1965) écrit: "la vieillesse n'échappe guère à un désinvestissement progressif qui finit par s'étendre à tout ce qui s'appelle passion". Il est vrai que le rêve et les fantasmes s'effacent avec les années.
Malheureusement, avec l'accroissement de la longévité, le processus de vieillissement psychologique est souvent associé à des troubles démentiels, telle la maladie d' Alzheimer. En long séjour, on peut considérer que chez des sujets âgés de 80 ans et plus, un sur quatre est atteint de cette maladie.
Dans les sociétés anciennes, la personne âgée tenait une place importante. Elle transmettait son savoir, elle était respectée et écoutée.
De nos jours, dans les sociétés modernes, avec le renouvellement rapide des techniques, les moyens importants pour garder des informations, les besoins de productivité toujours accrus, la personne âgée est vite dépassée. Elle n'est plus une référence et son respect va en s'amenuisant.
La personne âgée s'isole de la société qui lui induit un statut de "vieux" non gratifiant. Le changement des systèmes de valeur, l'éclatement de la cellule familiale, aggravent la solitude. En institution, le statut social se trouve encore diminué, du fait même que leur choix de venir ou non n'a pas été respecté et du fait de leur niveau de dépendance qui les oblige à s'adapter à des heures de toilette, d'habillage, de repas, de lever, de coucher.
De par ces obligations difficiles à intégrer, la personne âgée va devenir dans un premier temps un être révolté, agressif ou bien soumis dans une nouvelle communauté avec ses règles et ses contraintes. Le repli sur soi de l'individu ainsi opprimé est facile à comprendre et le pas vers la dépersonnalisation est vite franchi.
Pour défendre son identité, la personne âgée va dénigrer le présent, se raccrocher au passé, en se remémorant ses souvenirs, collectionner les objets. Si elle veut conserver un statut social, elle devra se situer auprès de soignants et se faire reconnaître auprès des autres pensionnaires, d'où parfois une certaine agressivité. Pour survivre, elle aura aussi besoin de délimiter son territoire, qui sera sa chambre ou bien tout simplement l'espace délimité par le lit et le fauteuil.
La deuxième partie de ce mémoire est
consacrée au travail de recherche que j'ai effectué
pour répondre au postulat de départ.
Les outils utilisés sont basés sur une recherche bibliographique, et sur un travail d'enquête réalisé auprès de différents professionnels de santé du secteur gériatrique. Les résultats seront ensuite analysés.
Il aurait été très intéressant de pouvoir interroger des personnes âgées et leurs familles Leurs témoignages auraient permis d'apporter une autre vision des soins tels qu'ils sont ressentis. Matériellement, il ne m'a pas été possible de réaliser ce travail.
I - LA RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
Après avoir pris connaissance des nombreuses publications déjà réalisées, j'ai orienté mes recherches auprès de neufs revues et périodiques de ces cinq dernières années. J'ai pu ainsi mieux mesurer l'intérêt porté à ce thème auprès des différents professionnels de santé.
J'ai représenté sous forme de tableau, la fréquence des publications sur la violence en institution gériatrique.
Nombre d'articles faisant référence à la violence en gériatrie:
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NOMS de la REVUE |
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- Revue de l'infirmière - Infirmière Canadienne - La Revue de Gériatrie - Revue de Gérontologie - Soins Psychiatrie - Actualités Psychiatriques - Soins Infirmiers (Revue allemande Krankenpflege) - Le Concours Médical - Le Quotidien du Médecin |
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TOTAL |
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Depuis 1988, 20 publications ont eu lieu dans ces neuf revues. A noter que je n'ai rien retrouvé en 1987.
Ce tableau montre bien l'intérêt porté à ce thème entre 1989 et 1991. L'année 1990 est la plus importante avec 8 articles. Cela correspond aussi à la sortie du livre du Professeur HUGONOT, Gériatre à Grenoble. Deux articles sont consacrés à la souffrance des soignants et à la difficulté de prendre en charge des personnes âgées agressives. L'ensemble des autres articles parlent de différentes formes de violence exercées à l'encontre des personnes âgées.
Il - L'ENQUETE
J'ai effectué ce travail de recherche sur trois hôpitaux ayant chacun un secteur gériatrique avec des unités de long séjour:
- le Centre Hospitalier de SAINT NAZAIRE
- l'Hôpital CORENTIN CELTON de l'Assistance Publique de PARIS
- le Centre Hospitalier Universitaire de RENNES
Afin d'obtenir une plus grande richesse d'informations, j'ai
réalisé des entretiens auprès de trente
personnes, réparties en six groupes dont:
- 5 médecins
- 5 surveillantes-chefs
- 5 surveillantes
- 5 infirmières
- 5 aides-soignantes
- 5 agents de l'équipe pluridisciplinaire.
Très intéressés par ce sujet, mes interlocuteurs ont spontanément accepté de me consacrer du temps et je les en remercie.
Quel que soit leur grade et leur fonction, toutes ces personnes travaillent dans des unités de long séjour, avec un objectif commun: assurer la continuité des soins et la prise en charge optimale des personnes âgées.
Le groupe "équipe plurisdiciplinaire" était
composé:
- d'un kinésithérapeute
- d'un ergothérapeute
- d'une psychologue
- d'une assistante sociale
- d'un animateur (psycho-sociologue de formation).
J'ai choisi d' interviewer ces cinq personnes car leur position, légèrement en retrait de l'équipe, pouvait m'apporter une meilleure vision de la relation soignant-soigné et de la vie du service.
J'ai contacté les différentes personnes à interviewer sur indication de l'lnfirmière Générale des trois hôpitaux.
Pour donner plus de liberté de parole aux différentes personnes interrogées, j'ai limité mes entretiens à quatre questions, (identiques, quelles que soit la personne).
Ces questions étaient:
- Selon vous, quelles sont les différentes formes de violence rencontrées en long séjour ?
- Pouvez--Vous citer deux exemples ?
- Quelles en sont les causes ?
- Quels sont les facteurs qui pourraient diminuer la violence ?
La durée des entretiens était fixée à trente minutes. Mais devant l'abondance des commentaires et le vif intérêt porté à ce sujet, j'ai souvent été amené à déborder ce temps et même à le doubler.
Dans un premier temps, j'ai classé les informations et relevé les mots clé pour chacun des entretiens. J'ai ensuite mis l'ensemble des réponses sous forme de tableaux par catégories professionnelles .
Dans un deuxième temps, j'ai fait la synthèse des réponses des médecins, des surveillantes-chefs, des surveillantes, et ainsi de suite, en comptabilisant à chaque fois les réponses communes.
Pour avoir une vision globale de l'ensemble des réponses apportées, j'ai mis cette synthèse sous forme de tableaux présentésci-dessous.
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- violence verbale....3 - violence par omission....2 - violence institutionnelle...2 - violence physique (actes et gestes agressifs).....2 - violence thérapeutique....1 - violence entre résidents....1 - violence sexuelle....1 |
violence entre personnes âgées....4 violence verbale....3 violence psychologique....3 violence physique....2 violence institutionnelle....2 violence sexuelle....1
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violence verbale....4 violence physique (gestes brusques).....3 agressivité de la personne âgée.....2 violence psychologique...2 violence institutionnelle....1
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- les barrières de protection chez un ancien déporté....1 - le déshabillage....1 - la toilette.....1 - entrer dans la chambre sans frapper.....1 - patiente porteuse d'une stomie à qui on dit ça pue" en entrant dans sa chambre.....1 ( 2 médecins n'ont pas d'exemple) |
- porte de chambre ouverte lors de la toilette (non respect de la pudeur).....2 - le tutoiement sans accord de la personne....1 - le suicide....1 - le temps de repas....1 - la toilette.....1 - femme de 80 ans lavée par homme de 20 ans....1 - verre d'eau jeté à une patiente....1 - pensionnaire frappé avec une canne....1 |
- les bains et les toilettes.....2 - les pansements et soins infirmiers agressifs....2 - ne pas répondre aux sonnettes..1 - enlever la sonnette....1 - serviette autour du coup dès 10 h pour le repas....1 - dame mal installée pour le repas....1
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- image négative de la vieillesse.....3 - conditions de travail, fatigue ("ras le bol")....2 - le manque de communication....2 - locaux inadaptés.....2 - le manque de reconnaissance du personnel....2 - le manque de professionnalisme des agents....1 - prise en charge des personnes âgées difficiles (sujets déments)....1 |
- non respect de la personne âgée....4 - difficultés de communication.....3 - difficultés à gérer son propre stress......2 - travail très lourd....1 - le problème de la démence...1 - le manque de motivation et de formation des agents....1
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- image négative de la gériatrie et de la personne âgée....3 - locaux et matériel inadaptés.....2 - lassitude par un travail routinier....2 - manque de formation....2 - agents inadaptés qui n'ont pas choisi cette discipline...2 - manque de responsabilités..1 |
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- améliorer les conditions de travail.....4 - rôle du cadre infirmier essentiel (proche de l'équipe)....3 - respecter les habitudes de vie des personnes âgées.....2 - accroître le rôle de la famille.....1 - formation spécifique à la gériatrie...1 - valoriser les équipes....1 - avoir un projet et des objectifs clairs...1 |
- formation à la communication......4 - rôle et attitude du cadre infirmier.....4 - améliorer les conditions de travail....1 - pouvoir choisir le personnel....1 - responsabiliser les agents....1 - apprendre les équipes à négocier les soins...1
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- rôle et attitude du cadre essentiel....4 - la formation à la communication....2 - rôle du médecin.....1 - apprendre le personnel à négocier les soins....1 - pouvoir associer le cadre au recrutement.....1 - intégration des familles....1 - positiver l'agressivité de la personne âgée.....1
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- violence verbale....3 - violence psychologique....3 - violence thérapeutique...2 - violence des personnes âgées entre elles et vis à vis des soignants.....2 - violence par omission (manque de connaissances).....2 - violence architecturale (hôpital ghetto")......1 - violence de la collectivité....1 |
- violence des personnes âgées.....3 - violence verbale.....3 - violence psychologique....2 - violence physique lors de certains soins....2 - violence institutionnelle...1 - violence par omission.....1 |
- agressivité des personnes âgées entre elles et vis à vis du personnel......5 - violence verbale (énervement, propos désobligeants).....3 - violence thérapeutique.....2 - agression vis à vis des familles....1 - violence Psychologique.....1 |
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- paroles culpabilisantes....2 - une fleur à toutes les dames pour la fêtes des mères.....1 - marche forcée sur prescription.....1 - accumulation de petits gestes inadaptés....1 |
- le non respect de la pudeur (toilette porte ouverte)...2 - dame posée dans un évier pour refaire son lit...1 - ne pas répondre aux sonnettes...1 - verre de vin jeté à la figure d'un résident qui avait jeter son urinal...1 |
- le bain, la toilette, les mettre nus.....3 - agent qui a mis une pipette d'alcool dans la bouche d'un résident qui hurlait....1 - "j'ai donné une gifle a une patiente qui m'avait pincé"....1 - les couches systématiques......1 |
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- vision négative de la gériatrie, de la personne âgée et du soignant ==> non respect de la personne (soignant comme soigné)........3 - manque de communication....3 - attitude du cadre qui ne sait pas impulser des objectifs précis et qui subit une sorte de "chantage" de l'équipe.....2 - formation insuffisante du personnel.....2 - dilution des responsabilités ....1 - sentiment de puissance...1 - accumulation de frustration qui entraîne dépression ou agressivité.....1 |
- accroissement de la dépendance qui diminue la communication et accroît la charge de travail.....3 - les contraintes institutionnelles....1 - agents démotivés..1 - décalage dans le rythme de la personne âgée et celui du soignant...1 - image péjorative de la gériatrie....1 - difficultés d'en parler, de se remettre en cause...1 - le "malade" est vu au au travers de tâches à effectuer.....1 |
- personnes âgées perturbées, démentes.....3 - manque de communication (stress, mauvaise ambiance, mauvaise organisation)...3 - manque de disponibilité, de temps.....2 - non respect de la personnalité de chacun...1 - formation insuffisante....1
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- établir une réflexion sur le respect de la personne âgée.......3 - travail en profondeur du cadre:....3 . développer la créativité . apprendre aux gens à négocier . réflexion sur les propos de l'équipe - aider le personnel à exprimer son ressenti........2 - valoriser les soignants....2 - formation du personnel...2 - soutien de l'équipe pluridisciplinaire.....1 |
- une bonne communication entre collègues ....5 - rôle du cadre important pour aider à parler, valoriser le personnel, faire des mises au point...4 - avoir une formation spécifique.....2 - valoriser la gériatrie ...1 - avoir une salle de repos, des locaux plus gais....1 - travailler davantage avec les familles....1 - privilégier les petites unités...1 |
- pouvoir suivre des formations:
....5 . la gestion du stress .la manutention des malades . relation avec des personnes âgées démentes . avoir des "staffs" avec les médecins - rôle de la Surveillante (écoute, conseils, proche du malade).....3 - bonne entente dans l'équipe....2 - matériel mieux adapté....1 - la violence se calme par: des gestes doux, prévenants, par le toucher......1 |
III - COMMENTAIRE ET ANALYSE DES
ENTRETIENS
L'ensemble des médecins interrogés portent beaucoup d'intérêt au sujet, deux d'entre eux pensent que le terme violence est un peu fort et qu'il y a seulement parfois de l'agressivité soignés-soignants. D'emblée, le Docteur D., pense qu'il n'y a pas vraiment de violence dans ses services, seulement entre résidents. La violence verbale semble la plus courante, vient ensuite la violence institutionnelle liée à ses contraintes, et la violence par omission, causée par des actes reportés ou oubliés ou bien par des soins inadaptés. La violence thérapeutique existe mais devient de plus en plus rare, aucun acte agressif n'est effectué sur une personne âgée sans une concertation avec l'équipe soignante. Lorsque je demande des exemples de violence, cette question semble difficile, d'ailleurs deux médecins ne peuvent en donner.
En ce qui concerne les causes de la violence et après réflexion, ce qui ressort en premier est l'image négative de la vieillesse, puis aussi les difficultés de communication liées aux problèmes du grand âge aggravé par la démence. Le personnel reçoit peu de remerciements de la part des pensionnaires et des familles. Il n'est pas toujours récompensé pour le travail fourni, donc insuffisamment reconnu. Un médecin insiste sur le manque de professionnalisme des agents qui fonctionnent trop sur un mode affectif, ce qui les rend fragiles, et exposés aux réactions agressives (voire violentes). Le même médecin signale que les équipes s'autoprotègent. - Il fait remarquer par là qu'il est difficile d'être informé sur des négligences ou sur des abus, la loi du silence est de rigueur au sein des équipes.
En ce qui concerne l'architecture, les avis sont partagés, certains pensent que des locaux inadaptés sont source de violences, d'autres croient que seul, le comportement des hommes peut avoir une influence.
Pour diminuer la violence, la majorité des médecins pensent qu'il faut commencer par aider le personnel à être bien dans son corps et dans sa tête. Cela peut se faire en lui donnant des temps de parole, par l'amélioration de ses conditions de travail, en le valorisant, et en l'aidant à mieux se former. Le rôle du cadre infirmier est reconnu comme essentiel, il doit être dynamique et très proche de son équipe et des soins. Comme le dit le Docteur L., il doit savoir "faire monter la mayonnaise" avec toutes les compétences et individualités de son équipe. Cette expression est très imagée, mais il est vrai que le cadre doit parfaitement connaître les qualités et les faiblesses de chaque agent sous sa responsabilité. Avec des objectifs clairs, il pourra ainsi prétendre pouvoir gérer son équipe efficacement. Le Docteur L. remet en cause le soin tel qu'il est donné, en parlant de "la toute puissance du soin" qui aide parfois le soignant à se donner bonne conscience et à continuer de prodiguer des soins agressifs et inadéquats. Un seul médecin mentionne l'aide d'un psychologue pour soutenir les équipes. Sur l'ensemble des entretiens, les médecins développent peu l'importance de leur rôle dans le soutien et la valorisation des équipes. Deux d'entre eux regrettent de ne pouvoir être plus présents auprès des équipes. (Ils passent en général deux fois par semaine dans les services) .
La violence dans les soins en long séjour est un fait que les surveillantes chefs connaissent bien, mais dont elles parlent peu avec les équipes ou pas suffisamment à leur goût. Les occasions d'en parler sont souvent en tête à tête avec un agent dans le bureau de la surveillante. Cet entretien est souvent pour demander des explications à un agent, accusé d'avoir eu des paroles déplacées ou des gestes inadaptés, celui-ci a pour but de recadrer, ou bien de sanctionner l'agent s'il y a récidive. Pour les surveillantes-chefs, la violence est avant tout institutionnelle, avec ses abus et ses négligences, qui font que l'on rencontre des cas de violence physique, psychologique et verbale. Les exemples cités sont là pour l'illustrer.
La violence vient souvent des personnes âgées entre elles et vis-à-vis des soignants. Une surveillante-chef signale une population difficile avec des patients alcoolo-tabagiques ce qui aggrave les risques pour les équipes.
Madame H., a beaucoup insisté sur les brimades dont sont victimes certaines personnes âgées, lorsqu'elles expriment leurs sentiments vis-à-vis d'une autre pensionnaire. Le personnel a trop tendance à ironiser ou à s'offusquer comme si cela ne devait plus exister lorsqu'on est vieux.
De nombreuses causes sont évoquées quant à l'origine de la violence: le manque de communication, la difficulté à gérer son propre stress.
A cela s'ajoute d'autres problèmes pour établir une relation soignant-soigné de qualité. Cela peut être la surdité, la démence, la charge de travail excessive, le langage de certains jeunes soignants qui est inadapté et incompréhensible pour une personne âgée. Une surveillante-chef affirme que dans 90 % des cas de patients violents, la responsabilité est à mettre au compte du soignant. Ceci est souvent un problème d'attitude, d'incapacité à négocier un soin.
Pour diminuer la violence, la formation du personnel à la communication est très souvent évoquée. Le rôle de la surveillante est essentiel. Par son attitude envers la personne âgée, son organisation de service, et ses capacités relationnelles, elle aura une équipe dynamique qui communique parfaitement bien entre elle, ou bien alors un groupe agressif, peu enclin à parler, effectuant une succession de tâches pré-établies. Une surveillante-chef exprime parfaitement le rôle du cadre en disant "son rôle est essentiel pour gérer et faire exprimer les tensions. Il doit être attentif aux difficultés de vie dos agents et être rigoureux dans l'organisation de son service". La valorisation des équipes ainsi que l'aide à l'amélioration des conditions de travail font parti du rôle de la surveillante pour diminuer les tensions et éviter la démotivation.
Gérer la violence et les conflits pouvant provoquer de la violence sont le lot quotidien des surveillantes. La violence est essentiellement verbale, elle peut aussi être dans le geste, l'attitude ou le regard. Cela peut être aussi une violence psychologique par ignorance totale de la personne. L'agressivité de la personne âgée vis-à-vis du personnel est aussi évoquée. La violence institutionnelle liée aux contraintes de vie est peu citée.
Les exemples de violence relèvent de soins inadaptés et agressifs, ou bien d'abus ou de négligence.
Les causes profondes de la violence tiennent à la discipline elle-même et à l'image de la vieillesse. Il y a un certain fatalisme dans les paroles des surveillantes comme si cela était inévitable. Cette discipline est peu motivante, le travail est routinier, le personnel manque de formation. Les locaux demeurent inadaptés, car ils n'ont pas suivi l'évolution de la gériatrie et restent sur un modèle hospitalier. La surveillante doit "faire avec" le groupe qui lui est confié, les objectifs individuels sont très différents, un grand nombre d'agents n'ont pas choisi cette discipline. Ils sont donc très fragiles sur le plan psychologique pour surmonter les difficultés liées à la prise en charge des personnes âgées. Les surveillantes regrettent beaucoup de ne pouvoir participer au recrutement des agents.
Pour diminuer la violence, les surveillantes sont parfaitement conscientes de l'importance de leur rôle, quatre sur cinq insistent sur la nécessité d'être très à l'écoute des équipes, de valoriser leur travail, de les aider à s'exprimer, de savoir gérer les conflits dès qu'ils apparaissent. Favoriser la communication est un objectif prioritaire. La surveillante est souvent appelée pour négocier un soin à la personne âgée. Celle-ci est très sensible à la hiérarchie et écoute plus facilement le cadre que l'infirmière ou l'aide-soignante. Sa présence auprès des équipes et des résidents est importante pour désamorcer l'agressivité et la violence sous-jacente.
Par sa position légèrement en retrait des soins, l'ensemble de l'équipe interrogée a montré qu'elle pouvait observer avec beaucoup de lucidité la vie du service et analyser les rapports humains au quotidien avec précision. Quelle que soit leur spécificité, chacun d'entre eux reconnaît avoir une position privilégiée, du fait de leurs interventions ponctuelles sur les patients pour des actes bien précis d'aide à la personne.
La violence, ils ont pu l'observer ou la ressentir au travers des paroles ou des blocages de la personne âgée. Ils reconnaissent être parfois leurs confidents. Pour eux, la violence est avant tout verbale et psychologique. Ils remarquent souvent de la violence par des paroles, des gestes inadaptés et maladroits. Elle est aussi dans l'organisation de la structure et dans son architecture. Monsieur S., kinésithérapeute, reconnaît être parfois violent lorsqu'il doit forcer une personne à marcher. Les faits les plus fréquents sont l'accumulation de petits gestes inadaptés, de paroles culpabilisantes. Monsieur H., ergothérapeute, fait remarquer que lorsqu'une personne est agressive, elle est vite cataloguée par le groupe soignant comme pensionnaire "casse-pied" et il se crée alors, une forme de coalition de toute l'équipe contre elle. La violence par omission est parfaitement illustrée par l'exemple de Madame D, assistante sociale, qui avait été très choquée de voir les larmes d'une dame recevant une fleur pour la fête des mères, comme toutes les femmes du service. Cette fleur avait fait ressurgir le passé, et le drame de sa vie de n'avoir jamais pu avoir d'enfant.
Les causes de la violence sont très nombreuses pour l'ensemble du groupe. La vision négative de la gériatrie est un facteur aggravant, il retentit sur le respect que le soignant aura vis-à-vis de la personne âgée, de ses collègues et de lui-même. Et sans respect pour l'autre, il n'y a pas désir d'entrer en communication, c'est pourquoi la personne âgée est souvent exclue de la relation avec le soignant. L'attitude du cadre n'apparait pas comme suffisamment forte pour impulser des objectifs précis à son équipe..
Lorsqu'une surveillante intervient dans un désaccord, entre un ou des soignants et un pensionnaire, il y a la pression de l'équipe qui est derrière, on lui demande presque de choisir son camp. Tout le monde se ligue contre la personne âgée, qui est "méchante", agressive. Monsieur S. kinésithérapeute, ressent ainsi une forme de chantage du soignant qui sait que la surveillante un jour aura besoin de lui pour remplacer un arrêt de maladie. Contrairement au kinésithérapeute ou à l'assistante sociale, seul responsable dans un service, les responsabilités des agents sont diluées dans le groupe. L'agent n'agit pas en son nom, mais au titre de l'agent de l'équipe du matin ou du soir.
Dans la relation soignant-soigné peut s'installer facilement un sentiment d'autorité, voire de puissance du soignant vis-à-vis de la personne âgée. C'est souvent une relation infantilisante. Le soignant joue le rôle du "parent autoritaire ou protecteur" et la personne âgée se trouve dans un rôle d'enfant révolté ou soumis.
La formation du personnel est insuffisante, comparée au travail énorme qui est demandé. Ce décalage entraîne une accumulation de soins, de paroles ou de gestes inadaptés qui entraînent dépression ou agressivité de la personne âgée.
Pour diminuer la violence, l'équipe pluridisciplinaire aimerait être plus sollicitée, plus intégrée dans l'équipe pour pouvoir mieux les aider. Leur position en retrait n'est pas toujours bien vécue (ils sont des privilégiés) et leurs conseils ne sont pas encore toujours bien perçus par les équipes. Tout le monde reconnaît qu'il faut valoriser le travail, aider les soignants à exprimer leur ressenti, développer la créativité. Le rôle du cadre est reconnu comme primordial pour aider à la mise en place d'une dynamique d'équipe.
Au sein des unités de soins, les infirmières sont les personnes référentes. C'est à elles que s'adresse la famille pour recevoir des nouvelles. Le pensionnaire la demande pour calmer ses angoisses. Le médecin la réclame pour avoir des informations. Les aides-soignantes viennent la voir pour connaître un protocole ou pour leur rendre compte d'informations jugées utiles. Conscientes de leur rôle "pivot" au niveau de l'encadrement et de l'information, elles connaissent parfaitement bien la vie des services. La violence, elles la voient au travers du travail des aides-soignantes et du comportement des personnes âgées. L'une d'elles m'a dit "nous avons tout de même un rôle privilégié par rapport aux aides-soignantes qui sont, à travers les soins de nursing, livrées à une sorte de corps à corps constant avec les personnes âgées".
Deux d'entre elles qui travaillent en gériatrie depuis plus de 15 ans, signalent que le travail a tout de même beaucoup évolué depuis le début des années 80. Il y a eu de nombreux efforts consentis au niveau de l'aménagement des locaux, des moyens en matériel, également au niveau de la mentalité des soignants. Malheureusement, la charge de travail a augmenté, en même temps que la moyenne d'âge des pensionnaires. En long séjour, il y a de plus en plus de personnes âgées dépendantes et démentes. Cela alourdit le stress des soignants et les débordements de violence sont fréquents, surtout du côté des pensionnaires. Certains agents, mal préparés, démotivés, réagissent de façon un peu vive.
La violence verbale ou psychologique est la plus exprimée, avec tout un ensemble de paroles, de gestes inadaptés ou des oublis comme le non respect de la pudeur, entrer dans les chambres sans frapper. La violence physique existe, il y a des cas isolés (deux exemples sont cités) mais elle réside surtout lors de soins agressifs ou douloureux. La violence institutionnelle est aussi mentionnée pour signaler le non respect des habitudes de vie de la personne.
Les causes de la violence tiennent en partie au contexte social et institutionnel déjà cité. L'image négative de la gériatrie est vivement ressentie par les infirmières vis-à-vis de leurs collègues des services de Médecine et de Chirurgie. Les infirmières insistent sur l'accroissement de la charge de travail des aides-soignantes. Cela diminue les temps de communication soignant-soigné, mais aussi infirmière-aide-soignante. Elles ont le sentiment de ne pas pouvoir assumer leur rôle d'encadrement d'aide auprès des agents. Ce cloisonnement dans le travail accroît le risque de violence. De plus, le résident est perçu en terme de "tâche à effectuer" et non de "personne à prendre en charge".
Pour diminuer cette violence, les infirmières ont le sentiment de ne pas être suffisamment efficaces auprès des personnes âgées et des aides-soignantes pour les aider, désamorcer l'agressivité, par manque de connaissance. Plusieurs souhaiteraient une formation spécifique d'infirmière en gériatrie pour mieux connaître les personnes âgées et mieux cibler leur rôle d'infirmière référent et animatrice d'une équipe soignante.
Le rôle de la surveillante est reconnu comme important pour aider les équipes à parler, pour les valoriser et pouvoir faire des mises au point. Les lieux d'hébergement ont aussi leur importance avec des petites unités dans des locaux plus gais, équipés d'une salle de repos pour le personnel. Une seule infirmière parle de la famille comme partenaire, pouvant avoir un rôle pour diminuer la violence.
Les aides-soignantes sont incontestablement les personnes les plus exposées à la violence. Ce sont elles qui passent le plus de temps auprès des personnes âgées, pour assurer tous les soins d'aide à la vie, tels que la toilette, l'habillage, l' alimentation, l'élimination, l'aide aux déplacements, ainsi que l'entretien du lit et de la chambre. Leur rôle relationnel est très important. L'ensemble de ces soins crée des situations d'intimité très grandes entre le soignant et le soigné. Il provoque aussi des rapports de force inévitables.
Les cinq personnes interrogées, ont une expérience dans les soins en gériatrie qui varie de 2 à 16 ans.
Elles doivent souvent faire face à cette agressivité lors de soins. Deux d'entre elles analysent très bien cette situation en disant qu'elles n'ont pas le temps d'expliquer et de négocier les soins, et que malheureusement la personne subit des "soins malgré elle". D'emblée, les trois autres aides-soignantes ne voient pas de violence dans leurs services, puis reconnaissent que la fatigue et l'énervement amènent certains collègues à vouloir aller trop vite, et que l'agressivité, voire la violence de certaines personnes âgées vient de soins prodigués rapidement et qui bousculent la personne, la contrarient. La violence est souvent verbale. Le tutoiement est courant dans les services, l' ensemble des agents pense que cela améliore la relation ("souvent ce sont les pensionnaires qui le demandent"). La violence, est aussi psychologique, lorsque des actes sont faits à la place de la personne sans lui demander son avis. Cela peut être aussi, mettre une couche à une personne qui n'est pas incontinente mais qui a des difficultés pour se déplacer sur les toilettes. La violence physique, elle, est exceptionnelle, mais il arrive que le geste dépasse la pensée. Une jeune aide-soignante, reconnaît avoir giflé une personne qui l'avait pincée. Une autre a été témoin d'un geste très répréhensible d'un agent avec une pipette d'alcool.
Les causes de la violence paraissent difficiles à cerner. Un agent n'a pu me répondre sur ce point. Pour les autres, c'est principalement le manque de disponibilité, le travail répétitif qui provoque l'énervement.
Le problème de la démence est aussi une cause importante, car les agents sont souvent démunis et stressés. La mauvaise ambiance du service augmente les risques, lorsque les agents ne peuvent pas parler de leur stress et qu'il n'y a pas un respect mutuel. Certaines familles par leur attitude négative et agressive (vis-à-vis des agents) augmentent les risques par une dévalorisation du travail effectué.
Les aides-soignantes ressentent un besoin important de formation pour mieux comprendre les situations de travail et être plus efficaces auprès des personnes âgées. La formation à la communication est souvent demandée ainsi que la gestion du stress. Elles aimeraient aussi voir le médecin plus souvent et suivre des staffs pour mieux connaître les problèmes du vieillissement. Pour diminuer la violence, la surveillante tient un rôle important au niveau de l'écoute et des conseils à donner à l'équipe. Elles aiment aussi qu'elle soit proche des malades pour les aider à négocier les soins. Un mobilier adapté est aussi un facteur de confort qui peut éviter bien des violences. Mais le manque d'effectifs reste le problème crucial.
Bien que le facteur temps soit souvent remis en cause, des gestes simples peuvent aussi diminuer la violence; une aide-soignante me dit: " la violence se calme par des gestes doux et prévenants"
En conclusion de ces entretiens, je peux dire que l'ensemble des personnes interrogées reconnaissent l'existence de la violence dans les soins, mais à des degrés différents.
Deux médecins et trois aides-soignantes ne constatent pas, ou peu de violence. Ce sont, en fait, les deux groupes extrêmes dans la hiérarchie du service. Les aides-soignantes toujours au contact des personnes ont du mal à analyser ce qui se passe. Elles ressentent surtout de la violence des personnes âgées entre eux et envers l'équipe. Certains médecins reconnaissent ne pas être assez présents dans ces services, et ne pas juger ces problèmes à leur vraie valeur.
Les remarques, les plus pertinentes, sont faites par les surveillantes-chefs et l'équipe pluridisciplinaire. Chacune, par sa position en retrait, a peut-être beaucoup plus de lucidité pour analyser ces phénomènes humains.
Globalement, les mêmes arguments de réponses se retrouvent dans chaque groupe.
La violence verbale et institutionnelle est le plus souvent citée. Les infirmières et les aides-soignantes qui sont sur le terrain signalent davantage la violence des personnes âgées entre elles et à l'encontre des équipes.
Dans cette troisième partie, je souhaite mettre en place des actions qui vont tenter d'améliorer les conditions de travail et le professionnalisme des agents. Ce projet doit permettre de faire régresser la violence et ainsi apporter une meilleure qualité de vie aux personnes âgées.
Le décret du 18 octobre 1989 ( Décret 89.758 du 18.10.89, portant statut particulier des infirmiers généraux de la 50) place l'lnfirmier Général, responsable du service infirmier, sous l'autorité du Directeur d'Etablissement. A ce titre, il agit en tant qu'expert et conseiller des soins infirmiers. Il est ainsi la personne la mieux habilitée à aider et à accompagner les soignants dans la dispensation des soins.
Réduire la violence relève d'un projet de service élaboré avec les cadres, les médecins et l'ensemble du personnel, en accord avec l'institution.
Ce type de projet ne peut se faire sans une réflexion préalable sur la conception des soins et la spécificité gériatrique.
Ainsi, des actions concertées pourront être mises en place. Je propose donc en premier lieu de définir ma conception des soins et, dans un second temps, d'élaborer un projet de service avec comme objectif, la régression de la violence dans les soins pour une meilleure qualité de vie des personnes âgées.
I CONCEPTION DES SOINS
Définir un cadre conceptuel, c'est permettre de clarifier sa façon de soigner. C'est se poser la question suivante: quelle qualité de soins je veux donner aux personnes âgées ?.:
- qu'elle est cette personne ?
- quel support et quelle démarche théorique vais je utiliser pour élaborer des actions de soins ?
Le soin doit être centré sur la personne, sur ses besoins. A ce titre, la personne âgée doit être considérée comme un être unique, bio-psycho-social, avec ses potentiels et ses besoins, en recherche permanente d'adaptation à un environnement instable (être en harmonie avec soi).
Le rôle du soignant est donc de préserver les potentiels existants pour ne pas rompre l'équilibre qui maintient la personne vers un maximum d'autonomie.
L'autonomie, c'est pouvoir gérer ses propres limites et arriver à un maximum de bien-être. C'est l'objectif que doit se fixer chaque soignant lorsqu'il entreprend un soin .
La santé, c'est un perpétuel mouvement de recherche d'équilibre entre nos capacités physiques (dépendance et indépendance) et nos capacités psychiques (autonomie et hétéronomie).
Le rôle du soignant est donc d'amener la personne vers le point optimum de santé et donc de bien être.
Le soignant doit voir apparaître ainsi toute la dimension du soin infirmier, dont le support technique n'est que l'accessoire, l'essentiel étant toute la dimension bien être physique et morale que nous devons apporter à la personne. C'est pourquoi, les soignants ne doivent pas parler des soins en terme de tâche, car ils perdent ainsi toute leur signification.
Auprès des personnes âgées, le champ d'action infirmier est vaste. Il comprend tous les soins d'accompagnement, de stimulation, de développement et de maintien de la vie. Le rôle propre de l'infirmière prend donc là toute sa valeur et toute sa spécificité.
Pour mettre en oeuvre des actions de soins, l'infirmier a besoin d'un support écrit, le dossier de soins.
Il va permettre:
Le recueil de données doit permettre une meilleure connaissance des besoins fondamentaux perturbés de la personne. Le support d'une théorie de soins, tel que le définit Virginia HENDERSON va permettre de mieux cerner ces besoins perturbés. Ce cadre conceptuel doit être un outil de référence et d'aide pour les équipes dans la mise en oeuvre d'un projet de soins.
Il - LE PROJET DE SERVICE
Construire un projet de service nécessite tout d'abord de faire le bilan de l'existant sur son propre fonctionnement avec ses points forts et ses points faibles, mais aussi ses ressources, ses contraintes, ses limites.. Cette réflexion va faire apparaître des dysfonctionnements, source de violence ou d'agressivité. Un certain nombre de thèmes ou de questions vont alors apparaître, tels que:
- quel projet pour le résident
?
- l'organisation du service est-elle adaptée ?
- la surveillante est-elle suffisamment proche de l'équipe
?
- la formation des agents est-elle suffisante ?
- le recrutement du personnel, quelle démarche ?
- le mobilier trop vétuste est-il encore adapté
?
- l'architecture des locaux
- quel rôle pour les familles ?
- le médecin est-il un soutien suffisant pour
l'équipe ?
A partir de cette réflexion, un certain nombre de groupes de travail peuvent se mettre en place et faire des propositions d'actions.
Ce projet prendra en compte les souhaits et les habitudes de vie de la personne, les ressources de la famille et les ressources des soignants. De cette concertation va naître un projet de vie au quotidien pour la personne.
Le groupe dit "soignant" intègre les médecins, l'équipe soignante et tous les partenaires qui participent à la mise en oeuvre des soins à la personne âgée.
Ce projet doit s'enrichir au fil des jours, et être adapté ou réajusté aux potentiels de la personne.
Il devra être écrit dans le dossier de soins et lu par les soignants et la famille. Il permettra aussi d'intégrer la famille à la démarche de l'équipe soignante et d'établir, avec elle, une relation de partenariat. Il devrait permettre également de responsabiliser le personnel et d'uniformiser les soins.
Comme elle est souvent évoquée lors des entretiens, la formation du personnel est insuffisante.
La formation à la communication est souvent demandée, d'autre part le phénomène d'usure, d'épuisement, lié au travail répétitif, au stress, à la charge de travail est fréquemment évoqué. Il faut aussi mettre l'accent sur la formation des aides-soignantes qui traite insuffisamment de la spécificité gériatrique.
Il doit être très rigoureux, prenant en compte l'expérience professionnelle de la personne, ses qualités morales et ses motivations.
Il serait nécessaire que les surveillantes-chefs et les surveillantes élaborent des profils de poste pour les soignants. Cela permettrait à l'agent de cerner rapidement les objectifs et les attentes du service. Ce serait aussi un outil pour l'évaluation des agents.
Le recrutement d'une surveillante en long séjour doit aussi être fait avec beaucoup de rigueur. Son intérêt pour la gériatrie est évident, elle doit être capable de présenter un projet pour son service. Elle doit avoir beaucoup de dynamisme, être créative. Posséder de grandes qualités relationnelles (communication et écoute).
Elle doit aussi réfléchir à l'amélioration de l'accueil des familles au sein du service, à l'animation au quotidien. Le profil de poste de la surveillante sera réalisé par la surveillante-chef en collaboration avec l'infirmier général.
En ce qui concerne l'évaluation, elle sera facilitée par la prise en compte du profil de poste qui a été donné à l'agent.
L'accueil et l'intégration des nouveaux agents est aussi un élément important. Cela leur permet de se situer très rapidement par rapport aux collègues et aux pensionnaires.
4 1- les locaux
L'architecture joue un rôle important pour apporter plus de confort aux pensionnaires et améliorer les conditions de travail des soignants. La conception d'une unité va favoriser l'isolement ou la communication des pensionnaires. Les structures classiques conçues comme un service d'hospitalisation classique de 40 lits, ont parfois un côté austère qui ne facilite pas la création de lieux de vie. Par contre, les unités de 15 lits conçues sur un mode plus convivial favorisent davantage les relations humaines.
4.2 - le mobilier
Un mobilier adapté est aussi un élément primordial pour le confort de la personne âgée et pour l'amélioration des conditions de travail du personnel.
Un lit à hauteur variable va éviter au résident d'être soulevé trop brutalement du lit au fauteuil, et va soulager le dos de l'agent.
Des repose- pieds adaptés sur un fauteuil gériatrique maintiennent mieux la personne âgée, fatiguée en position assise.
Il faudrait créer une commission du choix du mobilier pour étudier ce qui est le mieux adapté et uniformiser le matériel.
Bien que leur rôle, sur le plan médical, ne soit pas aussi important qu'en secteur de court séjour, leur présence est nécessaire et souvent attendue auprès des équipes. Ils sont là pour expliquer, recadrer, soutenir, dédramatiser des situations aiguës. Ils peuvent aider le personnel face à la mort. Ils représentent une autorité reconnue auprès de la personne âgée et de sa famille pour résoudre des problèmes conflictuels. Ils peuvent ainsi tempérer l'agressivité de certaines personnes à l'égard du personnel.
CONCLUSION
Le chemin est encore long pour diminuer la violence, car il s'agit de changer les mentalités. Le travail d'humanisation des hôpitaux a déjà beaucoup apporté. Il faut maintenant que la gériatrie soit reconnue comme une discipline aussi noble que les spécialités de médecine ou de chirurgie.
Même si certains disent" En France on bat les vieux", il ne faut pas oublier qu'il y a aussi des gens passionnés, formidables qui se battent pour le bien-être des personnes âgées, et qui se dépensent sans compter dans l'ombre.
Alors je reste très optimiste, même si les moyens matériels et humains sont toujours minimisés.
C'est vrai, il faut changer les mentalités, informer le personnel encore et toujours pour lui donner plus d'autonomie. Il saura le rendre à la personne âgée.
L'autonomie des soignants, c'est les reconnaître en tant que professionnels, c'est leur donner plus de pouvoir pour développer tous leurs potentiels et capacités créatives.
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Bibliographie
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