Infirmière depuis peu de temps ( une dizaine d'années environ), je peux me glorifier d'avoir une expérience courte mais variée. ( Services hospitaliers, exercice libéral, service de consultation et maintenant maison de retraite).

Aujourd'hui je suis arrivée à bout.

Tous les jours je me bats pour que la personne âgée soit considérée comme une personne à part entière.

 

Ainsi, je me souviens de ce médecin refusant de prescrire de la morphine à une femme âgée entrain de mourir et qui visiblement souffrait.

Je me souviens de ce médecin criant sur une personne âgée qui refusait un examen.

Je me souviens de ce médecin qui m'obligea à l'assister lors d'une endoscopie faite à un malade quasi mourant, très âgé et qui présentait une contre indication majeure à l'examen du fait de sa coagulation très basse.

Je me souviens de ce médecin des urgences qui refusait que je lui adresse une personne âgée que je suspectais de faire un infarctus et pour laquelle je ne réussissais pas à joindre le médecin traitant. Je me souviendrais toute ma vie " Monsieur le docteur " de cette réflexion que vous m'avez faite " Mais vous n'êtes pas médecin madame, vous n'êtes qu'infirmière ! "

Oui, vous avez raison, monsieur, je suis infirmière, et j'en suis fière. Et vous, au fait, avez vous de quoi être fier d'être médecin ?

Je me souviens, je me souviens…

Honte à vous , monsieur le médecin. Honte à vos professeurs qui n'ont pas su vous inculquer le respect de la personne âgée et de l'être humain en général. Honte à vous, directeurs d'hôpitaux, qui acceptez tout cela sans réagir. Honte à vous surveillantes et infirmières qui n'osez pas aller contre la volonté de ces médecins et devenez par la même les complices de toutes ces maltraitances.

Je n'aurais jamais assez de temps pour énumérer toutes les paroles ou les attitudes odieuses, malencontreuses voir injurieuses de ces médecins vis à vis de leurs malades.

Aujourd'hui, je laisse éclater ma colère pour leur demander d'arrêter ces " sévices".

Messieurs les médecins, laissez aux personnes âgées le droit de vivre et aussi de mourir dignement, sans les souffrances induites par des examens et des thérapeutiques qu'ils jugent inutiles ou qu'ils refusent. Respectez leurs choix !

Je fais le rêve qu'un jour ces médecins se souviendront qu'ils ont prêté un serment pour pouvoir exercer leur métier. " Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. "

 

Corinne Coutel.

 

 

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