Est-ce que les malades voient en couleurs ?

Et dire que j'aurais voulu être médecin ...

Nils Stalbrand, un "ami" épistolaire de la liste gérialist, sur le net, qui a le plus grand respect pour une profession qu'il place au dessus des autres, nous parle de ces médecins qui oublient que le patient est un homme. Pour les médecins qui consultent. Et les autres.

 

Entrez cher ami ; Vigoureuse poignée de main (ça fait viril) et geste digne d'un atémi du 15 degré par lequel d'une rotation du petit doigt le docteur réussi à tirer le malade dans le cabinet et l'asseoir. Coup d'oeil de Sherlock Holmes sur la salle d'attente, apparemment le retard n'est que de 3 familles.

Première phrase de travers « comment allez-vous ", le malade étant socialement formé, répond " bien et vous " ce qui augure mal de l'échange.

Remise sur rails du train.

Oeil vitreux du malade qui se demande s'il doit faire remarquer à son bien aimé généraliste que celui-ci ne s'est pas lavé les mains après avoir vu le malade précédent.

Inutile

Le téléphone sonne et médecin donne une consultation gratuite " et on se revoit samedi soir comme convenu ", voyons donc où en étions nous ?

Lui vous ne savez pas Vous si, vous êtes paumé.

Paumé ?

Oui paumé, médecin est derrière son bureau protégé par ses stylos, son téléphone, son minitel maintenant l'ordinateur, vous êtes, pour lui, la tête sans tronc. Et si j'avais une maladie des pieds ?

Un de mes maîtres me disait " Stalbrand observez bien les pieds et vous saurez ce qui se passe dans la tête du malade ". Il risque pas d'observer mes pieds surtout qu'il est en train de relire ses antisèches soit à l'ordinateur soit sur fiches.

Docteur, j'ai mal à dring dring dring, excusez moi chez ami, reconsultation par téléphone et surtout n'hésitez pas à me rappeler si la fièvre ne descend pas, ou en étions nous cher ami ?

Lui il est pas là et vous, vous avez envie de partir.

Alors vous avez le choix de dire :

Voudriez vous avoir l'obligeance de me represcrire la liste habituelle ? Ou d'essayer de nouveau.

Vous essayez

Docteur trouve qu'il a un peu de temps et prend la tension (le stéthoscope était nettoyé quand docteur ?). Pas de problèmes.

Passons sur le va-et-vient questions réponses.

L'heure (la votre, la sienne, celle des télécom) avance, donc il faut songer à sortir le chéquier.

Docteur dit donc " vous me prendrez ceci 2 au matin pendant une semaine et ceci avant de dormir).

Il ne vous demande pas si vous avez déjà pris ceci

Il ne vous demande pas si cela vous convient

Il ne vous demande pas si vous supportez ces médicaments

Il ne vous donne aucune explication.

Chéquier

Feuille rouge avec un bel hiéroglyphe chinois.

Re atémi cette fois du 16 degré car il faut réussir à expédier le patient.

Ouvrir la porte de sortie

Pousser, oui pousser le patient dehors

Ouvrir la porte de la salle d'attente

Faire rentrer le suivant.

Alors ce qui devait arriver arrive, vous allez chez le docteur comme chez le légumier : et vous me donnerez trois boites des pilules rouges, j'espères qu'elles sont bien mûres ? et 2 boites des vertes et naturellement renouvelables.

Dire que j'ai aimé " Les Hommes en Blanc de Soubiran ", dire que j'aurais voulu être médecin mais que je n'avais ni le coeur ni la tête pour cela (en fait c'est une troisième partie et paire du corps qui manquait).

Entre les malades, dans la salle d'attente vous entendez les commentaires.

Curieusement tout ce que j'ai décrit est bien vu du malade standard car " le docteur, il est si gentil ". C'est du même ordre que " c'est un bon dentiste car il ne fait pas mal ".

Qu'est-ce qui est arrivé à toutes les recommandations que nous avions en première année ?

Ne jamais avoir d'objet entre soi et le malade

Regarder et observer tout le malade

Toujours avoir 5 minutes entre les malades

Lire les fiches avant de faire entrer le malade.

Toujours se laver et stériliser devant le malade.

Toujours prendre la tension

Toujours regarder à l'intérieur des tuyaux aussi désagréable cela soit-il.

Un médicament expliqué vaut 10 médicaments prescrits.

Ca fait bizarre d'être vieux, vous croyez que vous abandonnez le monde et non, c'est votre monde qui vous abandonne.

Nils le clochard.

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