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LES TEMOIGNAGES ECRITS

Les témoignages sont retranscrits tels qu'ils nous ont été confiés, sans retouche d'aucune sorte, si ce n'est le nom des témoins....

 

 CATHY : Infirmière de Bloc - Centre Hospitalier Général

Témoignage écrit :

...Revenons à la violence en institution. Chose étonnante, sans parler de tes recherches, on m'a, depuis, relaté deux autres histoires étranges. Plus tu y penses et plus tu te dis que ces gens-là n'ont plus le droit d'exercer d'autre métier qu'ermite dans les "Dolomites".

1er cas : Une petite dame, 82 ans, opérée d'une fracture du col du fémur, se réveille sans problème de l'intervention. Le médecin anesthésiste remplaçant (gros monsieur moustachu avec une voix de ténor qui entre autre touche 4 000 francs par jour pour exercer), après un magistral "action" lancé en salle d'opération demande de ramener la vieille - je cite - en salle de réveil. Aussitôt dit, aussitôt fait. La patiente véhiculée par nos soins, arrive donc au réveil ou on approche son lit de la table d'opération. On lui demande de passer dans son lit qui est à sa droite. La dame, réveillée mais sans plus, tourne à ce moment-là la tête sur la gauche et là ! MONSIEUR lui saisit sans ménagement les cheveux à pleine poignée et pose le tout sur le lit!!! De quel droit!!!

2eme cas relaté par une de mes amies, assistante sociale dans l'établissement X. Après une demande de placement pour un patient de 78 ans, déstabilisé par le décès de sa femme et par le fait qu'il ne voit plus ses enfants. A la mort de cette dernière, il a reçu une lettre du notaire lui demandant l'hospitalisation de leur père pour démence sénile. Une fois placé, sa maison s'est vendue et notre homme s'est retrouvé avec comme seul cadre, une chambre de moyen séjour médical dans l'établissement Y et un sac avec quelques effets personnels. (N'y aurait-il pas de quoi être déstabilisé?). Ce monsieur, ne voulant pas rester enfermé dans cette prison - je cite- fuguait de sa chambre pour aller où, je vous le demande, voir à qui appartenait maintenant sa maison et boire un coup au café pour voir du monde. - je cite encore -

Devant ces fugues à répétition, la surveillante du service Y a tout essayé :

- Fermer la porte avec une bande velpeau autour de la poignée de la porte

- Calmer ce monsieur en lui donnant des médicaments (il titubait beaucoup mais dormait souvent)

- alors la solution idéale s'est offerte à elle. Calmé, ce monsieur un jour est tombé de son lit et a eu un tassement vertébral. Il avait par la suite, beaucoup de mal à se lever de son lit; Alors, à partir de ce jour, elle a fait mettre le matelas de ce monsieur par terre, elle a fait enlever la table, la chaise et tout ce qui pouvait faire du bruit ( seule et ultime façon d'appeler au secours). On lui donne son plateau repas à même le matelas et ce monsieur, ayant ces problèmes de dos ne peut plus se déplacer et se déplace à quatre pattes dans sa prison.

Quand mon amie a su le fin mot de cette histoire, elle a porté le dossier à la direction de l'hôpital, après l'accord du directeur de l'hôpital X.

Il y eut une époque sombre en 39, cette histoire m'effraie.

3eme cas : Chacun sait que le budget des hôpitaux est loin d'être convenable mais quand même. D'une part, on impose des normes de qualité de soins et d'autre part, voilà ce à quoi on assiste.

Dans un service de long séjour on a remarqué que la consommation de couches culotte spécial nuit était trop importante. Alors que faire ? Et bien, en réunion de surveillante, il a été décidé de ne plus faire boire "les aînés" à partir de 16 heures et ainsi, ils pisseraient moins dans leurs couches la nuit - je cite -

Dans le même style, on mélange d'une part dans la même gamelle la purée et la viande mixée avec les médicaments pilés, on y met de l'eau pour liquéfier le tout et à l'aide d'une grosse seringue, on injecte l'infâme mixture dans la bouche des papis et mamies et gare aux récalcitrants!!

Ne parlons pas des violences de comportement, de paroles, c'est quotidien. Quels personnages pourris ! j'ai honte que des gens comme ça fasse partie de la même profession que moi. Que sont devenus les droits de l'homme, c'est écoeurant, mais je me dis qu'il faut le dire et le dénoncer haut et fort pour justement aller vers une vraie qualité de soins et de vie à l'hôpital.

A croire que le paramédical confère un réel pouvoir à des cons. L'humilité ne les étouffe pas. Je crois, qu'il faut réellement aimer l'homme pour exercer ce métier....

 

 MONIQUE -INFIRMIERE - Centre Hospitalier Psychiatrique

Témoignage écrit

En 1977, en poste dans un service de 80 patients (femmes)dont des placements d'office et une vingtaine d'oligophrènes, une malade, Madame X a eu une crise d'agitation (à l'aide de ciseaux, elle voulait poignarder la lingère), les médecins ont été appelés. Un interne a donné un coup de poing dans le visage de madame X et sa chevalière a laissé des traces sur la joue de cette patiente. Lorsque celle ci s'est plainte auprès du médecin chef, j'ai entendu la réponse suivante (adressée à l'interne) " la prochaine fois, frappez au niveau du cuir chevelu, les traces ne se voient pas".

Dans ce même service où je suis restée 5 ans, les oligophrènes criaient sans cesse et s'agitaient sans raison apparente. L'équipe entière composée d'IDE et d'AS criait autant que les malades et s'épuisait dans cette violence verbale. Peut-on dire trop de patients différents et peu de personnel afin de comprendre ce comportement ? je ne sais pas mais ce qui est pour moi une certitude c'est que ces services étaient très lourds, cachés et ignorés de tout le monde. Le personnel devait assurer seul les difficultés rencontrées sans aide aucune. Peut-être des psychologues auraient été nécessaires ? Il reste évident pour moi, que le personnel ne devait pas rester plus de deux ans dans ce service et devrait être aidé.

En 1985, à mon arrivée dans un service de gériatrie, on m'a mise en garde envers un AS qui frappait les patients.C'était un homme de 55 ans. Je ne l'ai jamais vu frapper un malade. Je sais que c'était vrai car les patients le disaient, citaient son nom et faisaient voir les hématomes, en tout cas les traces.Comme les patients le disaient au personnel,ils le disaient aussi aux médecins et aux cadres. Ceux ci n'ont jamais rien fait, ils souhaitaient que ce soient les infirmières qui demandent son départ.

Personne dans cette histoire n'a pris ses responsabilités. Il faut dire que cet homme nous faisait peur.

Etait-ce à l'équipe d'intervenir ? au cadre infirmier ? aux médecins ?

Je ne sais pas, mais je reste convaincue que le minimum aurait été de le muter à l'entretien ou ailleurs, il n'aurait eu aucun contact avec des personnes âgées ou autres malades.

Quel est le rôle du cadre infirmier, et du médecin ? quelle est leur responsabilité ? que puis-je faire ? Cela existe aussi à l'époque actuelle, est-ce tolérable ?

A toutes ces questions, la réponse est non mais bien que j'en sois consciente, je ne sais pas quelle attitude adopter car :

- je ne peux que le signaler

- je ne peux que le dire à la personne concernée,

- je ne peux que "pousser " les malades à le signaler

tout en sachant que cela est mal vécu par l'équipe: on ne "moucharde" un des nôtres.

Ces situations de violences orales ou physiques sont de plus en plus mal vécues par certains mais doivent rester cachées, on ne dénonce pas. C'est de la délation.

Il est difficile d'en parler entre nous car certains le prennent en riant, il n'est pas grave d'insulter un malade !!!, d'autres, sont gênés et mal à l'aise mais ne savent que faire.

Au fur et à mesure que j'écris et que je pense au passé, je constate que la plupart des violences proviennent de personnes qui n'ont rien à faire dans les services. Peu de personnel qualifié est concerné par ce problème.

Si on ne dénonce pas, c'est par lâcheté, par faiblesse, ou

- la peur d'être condamné par l'équipe

- la peur physique

- la peur de dire tout simplement, car dire équivaut à une enquête et au rejet.

 

Je vais te raconter deux histoires que je connais bien mais que je n'ai pas vécues.

En 1985 alors que Monsieur A est directeur d'un centre de réinsertion, il s'est passé l'histoire suivante :

Un infirmier Monsieur X s'est battu avec un malade. Une enquête est faite pour savoir exactement ce qui s'est passé, il s'avère que l'infirmier a poussé le malade à bout, l'a provoqué et ne lui a laissé aucune chance. Le directeur a donc écrit à la présidence (conseil d'administration) en demandant une sanction envers cet infirmier. Cet infirmier a été muté dans un autre service, a été nommé cadre infirmier le mois suivant, rétrogradé deux mois après pour violence envers un patient. A ce jour, Monsieur X continue de sévir dans les services comme infirmier.

Histoire de Monsieur B

Monsieur B est engagé comme chauffeur afin d'accompagner les patients à l'extérieur, (toujours avec un infirmier). Lors d'un transfert, il s'emporte et frappe un malade. L'infirmier le signale au cadre infirmier supérieur (Monsieur A) qui fait un rapport à la direction. (la direction est composée de religieuses). Soeur M lui demande "d'étouffer" cette histoire car Madame B est sa secrétaire et ne mérite pas que cela se sache.

Monsieur B est envoyé au service plomberie de l'hôpital. Quelques années plus tard, Monsieur B est muté dans le service où Monsieur A est directeur, Monsieur B y va afin de refaire les peintures. Monsieur A essaie de refuser cette personne, on lui fait remarquer que le directeur général est libre des mutations.

Deux mois après son arrivée, Monsieur B frappe un patient qui le regardait travailler. Re rapport et redemande de sanction. Monsieur B est affecté dans un autre service comme soignant après que Monsieur A ait refusé de le garder.

A ce jour, Monsieur B vient d'être muté en gériatrie après avoir frappé un malade en psychiatrie.

Les questions que l'on peut se poser sont :

- Rôle des directeurs ou cadre infirmier supérieur ?

- Responsabilité de la direction ?

- Appuis de Monsieur B ? politique ?

- Quelle est la dignité du malade, quels sont ses droits ?

- Rôle des médecins qui ont refusé de contre signer le rapport ?

Il a existé et peut être existe t il encore des services de psychiatrie où les malades sont isolés afin que le personnel soit tranquille pour boire le café.

Je sais que la contention chimique est importante dans certains services où les rapports sont ambivalents entre le personnel, les malades et le médecin. (manque de confiance, utilisation des patients...)

En discutant avec les familles, je me suis aperçue que beaucoup d'actes étaient mal vécus par les malades car non expliqués, donc non compris. La violence est partout, que ce soit dans les actes, les paroles ou les non-dit, le manque de respect et souvent l'impolitesse envers l'autre qui n'est pas un objet de soins mais un être humain dans son intégralité, sa spécificité.

Lorsque je discutais de violence, je ne voyais que le coté agression physique. Avec l'âge, et peut-être une certaine affection pour les patients, mon comportement a changé, mon attitude aussi et mon enseignement aux temporaires et aux stagiaires n'est plus le même. Parlons de respect, de gentillesse, regard humain... tout simplement de communication et peut-être de qualité du soin fait par de bons professionnels.

 

ROLANDE : SURVEILLANTE Maison de retraite

Témoignage écrit

J'étais infirmière en psychiatrie, diplômée en 1969.

Il y a environ 20 ans, alors que j'accomplissais mon service de nuit, en compagnie d'un collègue homme, plus jeune que moi, je restais sans voix devant un spectacle horrible! Ce collègue donnait des coups de poings dans le ventre d'un monsieur âgé. Agressivité gratuite. Encore aujourd'hui, je n'ai pas compris. Cette vision m'obsède toujours (les coups dans le ventre ne laissent pas de trace). Je reverrai toujours le regard et entendrai toujours les cris de douleur du grand père.Et je restais figée, simplement j'ai demandé à mon collègue de m'occuper de cette personne. Pourquoi n'ai-je pas pu intervenir ? par lâcheté ? par complications, si je mouchardai ? par peur également ? Ce collègue était connu pour son agressivité. Aujourd'hui, tout cela me harcèle, ma lâcheté de l'époque m'effraie. Aujourd'hui, ce qui est sûr, c'est que je réagirai. (cette personne âgée n'a pas eu de séquelle).

Lors d'une nuit dans un pavillon d'homme, dans un service de chronique, une personne était dans un état d'excitation telle, qu'il voulait étrangler d'autres personnes. Nous étions deux femmes et devant l'urgence, nous appelons le service de ronde. Trois "anciens" (hommes) sont venus à notre aide. Nous assistions alors à des méthodes très surprenantes. L'un d'eux a passé un torchon autour de la tête du patient, (comme un bonnet enveloppant toute la tête) et par-derrière serrait le torchon pour provoquer un étranglement. Je n'oublierai jamais la tête de cet homme, bleu, les yeux qui lui sortaient de la tête, la langue qui sortait de la bouche. Il était à deux doigts de la mort. J'avais très peur... Dans quel but thérapeutique pratiquait-on ces violences? Encore aujourd'hui, je ne comprends pas.

C'est une des raisons qui m'ont poussé à partir. Je ne supporte pas la violence gratuite. L'homme serait-il fondamentalement violent?

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Résumé du mémoire : oral de soutenance

Circulaire " rôle et mission des aides soignants et auxiliaires de puériculture ".

Décret : relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'infirmier.

violence et personnes âgées en institution (mémoire) Mémoire d'un IG sur la violence . Édifiant.

Une BD sur des abus possibles. .. par négligence ou omission.  Les propositions de l'équipe de Lucien Mias pour la formation des soignants

Le site canadien de Louis Plamondon : Une belle étude sur les abus envers les personnes âgées

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