LA MANUTENTION DES MALADES 3 ème PARTIE

Se rapprocher du malade

Un patient de 50 kilos collé contre vous pèse en réalité 150 kilos sur vos vertèbres. Si l'on ne peut pas faire mieux, on peut faire beaucoup plus mal, en s'éloignant du patient : il peut alors peser jusqu'a 5 fois plus , soit 750 kilos comme le montre la figure 3

Gilles, encore en apprentissage, reçoit entre 2 et 3 fois plus de poids sue la colonne que Marielle, beaucoup plus proche du patient !

En moyenne , un soignant bien formé , à travail égal, diminue par 2 à 3 les charges qui s'exercent sur sa colonne par jour. C'est comme s'il bougeait 2 à 3 moins de malades!

protéger le dos

Il faut toujours:

Travailler avec un dos vertical

travailler avec un dos plat

Eviter absolument les Torsions : La torsion est la combinaison de la rotation avec un autre mouvement, flexion, extension, inclinaison. La torsion est sans doute la cause principale du mal au dos des soignants

Contracter les abdominaux: élément essentiel de la protection du dos, ils enlèvent jusqu'à 80% du poids qui s'exercent sur les vertèbres.

Assurer de bonnes saisies :

Elément déterminant de la relation au patient, la saisie en manutention doit répondre à 3 critères de base

- Assurer la sécurité, d'abord, afin d'éviter les accidents de chute du patient. La majorité des chutes au cours de manutention se produisent dans 2 situations d'aide:

- Lorsque le soignant est seul avec un patient assis au bord du lit. Pour éviter la chute, le soignant veillera à se placer devant le malade, ses cuisses au contact des genoux du soigné.

- Lors des transferts avec des draps, pour les portés. Le drap pouvant se déchirer, il est obligatoire de le replier afin de le doubler. De même , le malade n'étant pas tenu dans ces techniques, la place des mains des soignants sur le draps est un élément déterminant de la sécurité.

- Avoir les saisies les plus douces possibles: seul un entraînement à la douceur, avec de nombreuses répétitions en situation réelles de soin, et une longue auto-surveillance, peuvent nous permettre d'acquérir le toucher particulier du soignant, de combattre le réflexe naturel de l'agrippement. Pour cela , il faudrait arriver à ne plus jamais utiliser le pouce , la main comme une pince, mais veiller à mobiliser le malade avec la main en palette, en soutien, lors des soins et des manutentions. Eviter ainsi la pince permet non seulement d'éviter les hématomes (et les plaies) si fréquents sur les avant bras des personnes âgées, mais d'instaurer une relation de confiance avec les patients souffrants . Rappelons aussi que lorsque la communication verbale est altérée (coma, démence...) le toucher devient le langage essentiel . Comment me perçoit un malade, si par mes gestes " en force", j'essaie malgré lui d'effectuer mon soin, mes manutentions. Quel est le soignant qui n'a pas forcé pour écarter les cuisses d'une vieille dame, afin de lui assurer les soins d'hygiène? Qui n'a pas connu de patient paniqué lors d'un retournement sur le bord du lit. Ces efforts , préjudiciables au patient comme aux au soignant sont à proscrire. L'apprentissage de la douceur peut permettre de ne jamais forcer avec un patient.

- L'indéformabilité: A l'image du Judoka qui ne peut exécuter ses techniques sans un blocage du kimono de l'adversaire, le soignant, par la qualité de ses saisies, doit assurer l'indéformabilité du patient au cours des manutentions, afin d'éviter les efforts inutiles. Par exemple, prendre le draps au niveau du pubis du patient pour l'amener au bord du lit permet de diminuer les efforts par 2.

Travail avec les jambes : Pour éviter de se pencher en avant lors d'une manutention et afin de garder le dos vertical, les jambes doivent se fléchir. S'il il est facile d'exécuter cette manoeuvre pour des manutentions à mi-hauteur, il est par contre beaucoup plus difficile de l'exécuter lors d'un ramassage au sol. En effet, le quadriceps , muscle principal qui permet de se relever, n'a toute sa force que lorsque la cuisse fait un angle de 90° à 110° avec la jambe (voir schéma). Il faut donc un temps préparatoire d'ouverture de cette angle avant de soulever le patient. Et cela nécessite un apprentissage spécifique.

Se placer en fin de manutention: Une manutention comporte souvent un déplacement du malade. Un patient se situant au point "A" doit se retrouver au point "B".(Par exemple, lors d'un renfoncement du patient au fond du fauteuil, le patient est d'abord assis en bord du siège, et doit se retrouver au fond , contre le dossier ). Il y a donc une position de début de manutention et une autre de fin de manutention. L'idéal, accompagner le patient lors du déplacement, n'est souvent pas réalisable, à moins d'exécuter des fentes latérales, mouvement très gymnique peu approprié aux capacités physiques de nombreux soignants et rarement observé en situation réelle de soin. Il faut donc choisir entre une position en début de manutention, ou une autre en fin. Observons ce qui se passe:

Si les soignants se placent en début de manutention, lors de la phase de soulevé du patient, ils sont bien placés, près du malade, et leur effort est bien vertical. Par contre , lors du déplacement, leur effort est horizontal, le patient s'éloigne d'eux, et ils finissent en torsion, ce qui représente l'opposé d'un mouvement protecteur du dos.

Par contre, si après avoir saisi le patient, ils se déplacent vers la fin de manutention avant de le soulever, une simple poussée verticale suffira à amener le patient là où se trouvent les soignants.

Il faut donc toujours se placer en fin de manutention.

Le genou est placé là où doit arriver le patient, en fin de manutention.

Ici, il s'agit d'asseoir un patient à la tête du lit.

Attention, technique interdite en gériatrie (risque de lésion d'épaule)
Respecter les placements qui évitent les torsions

Afin d'éviter les torsions ( extension ou flexion + rotation), une technique de manutention ne protègera le soignants que si elle respecte les placements suivants:

Quand le soignant travaille seul, il faut qu'il se place devant ou derrière le malade, jamais sur le coté de celui ci.

 

 

Quand une technique est effectuée à 2, la position des soignants dépend du nombre de saisie que chacun a sur le malade

Si chaque soignant tient le patient avec une seule prise, ils se placeront cote à cote

Attention, technique interdite en gériatrie (risque de lésion d'épaule)

 

 

Si les soignants utilisent leur 2 mains, ils se placeront face à face

Lorsque le nombre de soignants augmente , nous tenterons de respecter les règles précédentes. C'est ainsi que :

A trois, le soignant seul se placera devant ou derrière, les 2 autres seront face à face ou cote à cote, suivant leur nombre de saisie.

*

 

A quatre = 2 + 2 , par exemple, 2 soignants face à face, avec 2 saisies, les 2 autres cote à cote (si 1 seule saisie).

La seule Torsion autorisée en stage: la bise à Rosette

Créer une manutention revient donc à tenter de respecter le plus possible de ces principes de base. Une manutention qui les respecte tous ne verra en principe jamais d'accident de dos et le patient sera bougé avec douceur, en respect avec la mission de soin.

Parfois , la disposition des lieux , l'état du patient, l'organisation du travail ne permettra pas de respecter ces principes, sauf 2, qui pourront toujours accompagner le soin: l'évaluation du malade et la contraction des abdominaux. Mais alors, le risque d'un accident n'est plus à exclure.

LA MANUTENTION DES MALADES 4 ème PARTIE

 

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Bibliographie
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