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Proposition d'Actions soignants-Famille pour un hémivalide à part entière. |
PLAN:
Introduction
Préalables
Définition
Plan d'action: Les trois
directions de la prise en compte:
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ENTOURER |
PROTÉGER |
STIMULER |
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Il peut arriver que, suivant les méthodes choisies, les avis diffèrent sur l'opportunité de telle ou telle manoeuvre. Seule une collaboration très étroite permet alors de choisir en commun un mode d'action (n'oublions pas que choisir, c'est renoncer).
La soudaineté de l'accident, la gravité des dégâts nous entraînent à donner la priorité à la prise en compte psychologique du patient. Les objectifs en sont:
- Donner du temps de présence à ce patient, associer la famille à toute la vie du patient.
- Affirmer la solidarité de l'entourage (famille-soignants) par des actions concrètes.
- Tenter de rendre un peu de bonheur, par la tendresse et le dynamisme de nos interventions.
Des priorité d'action seront données en fonction de
l'atteinte:
Nous traiterons ici de personnes à cerveau dominant
gauche
1° L'hémiplégique
gauche:
L'hémisphère droit est touché: Rappelons
succinctement les dominantes de ce cerveau. C'est le cerveau de la
synthèse globale, de l'artiste, de la beauté, du dessin
(Les asiatiques qui ont 2 façons d'écrire, par
l'alphabet et par le dessin, peuvent souvent garder un mode
d'écrit suivant le coté de leur atteinte).C'est le
cerveau droit qui vous fait trouver les couleurs de l'automne si
belles, qui vous met les larmes aux yeux à l'écoute
d'un Aria de Bach. L'observation de l'activité
cérébrale d'un musicien est caractéristique:
lorsqu'il écrit de la musique, la dominante de
l'activité est à gauche; lorsqu'il en écoute,
l'examen RMN nous affirme la dominante droite. En perdant cette
possibilité de plaisir, il nous semble que le malade perd la
possibilité du bonheur.
C'est pourquoi nous demanderons toujours à la famille les
goûts du patient: quels sont ses objets
préférés, ses couleurs, ses musiques, afin de
tenter de réveiller chez lui les souvenirs du plaisir. Sa
chambre sera décorée avec les objets qu' il aime, son
animal aura un droit de visite. L'information des familles permet
souvent d'obtenir une aide précieuse, et surtout multiplie les
temps d'action. Le patient sera placé dans la journée
aux endroits de rencontre, souvent près de la salle de soins,
ou près de l'office à d'autres moments. Aussi souvent
que possible, une caresse ou un mot affectueux viendront lui prouver
notre solidarité.
2° L'hémiplégique
droit: Le cerveau gauche, plus analytique, est
touché. Le raisonnement est touché. Mais surtout, les
centres d'élaboration du langage se situent dans
l'encéphale gauche.
Sur un plan anatomique, il semble que l'on puisse distinguer 2 zones
:
Le territoire cortical, entourant la scissure de Sylvius, dans sa
partie postérieure, dont l'altération détermine
l'aphasie de Wernicke;
Le territoire sous cortical, centré par le corps
strié,dont la lésion détermine l' anarthrie
(aphasie d'expression).
Quand une lésion s'étend sur les 2 territoires, elle
détermine l'aphasie de Broca.
Mais quelque soient les lésions, qu'elles entraînent des
agnosies ou des apraxies, ou encore la perte de l' idéation,
il faut se mettre à l'idée que le langage est une
fonction intellectuelle majeure dont les troubles retentissent sur le
fonctionnement régulier de l'intelligence. La pensée
abstraite est touchée. Le vrai
langage, en tant que fonction psychique, est un langage
intérieur, et l'aphasie vraie est un trouble intellectuel,
particulier et global tout à la fois. G.Bresse.
Tentons d'imaginer les problèmes d'un
hémiplégique droit aphasique. Sa langue est
sèche, il a soif, c'est ce que disent les
intérocepteurs de ses muqueuses. L'aide soignante entre dans
la chambre, lui sourit ; il veut lui demander un verre d'eau, et
s'entend dire "avion" ou "bateau". Il se reconcentre devant le regard
étonné, et les mots qui lui viennent sont toujours
inadaptés. Alors il pleure. Souvent on dira de lui, parfois
devant lui, qu'il ne comprend plus rien.
Pire encore, dans les aphasies de Wernické, il ne pourra
parfois même pas identifier le besoin qu'il ressent. Tout son
corps lui dit qu'il faut satisfaire un besoin urgent, mais il
n'identifie pas ce besoin . Il s'agite à nos questions,
prononce des séries de "Tatatatatata".....ou autres et
s'énerve tout en pleurant. Et fait sur lui.
Devant l'étendue du malheur de ces
patients, tout ce qui permet d'améliorer la communication doit
être mis en oeuvre.
L'observation minutieuse du patient nous permet parfois de nous
adapter. L'aide de la famille est encore une fois indispensable. Par
la connaissance des habitudes du patient, mais aussi par la
complicité que développe l'amour, elle guidera souvent
nos actions de communication et d'interprétation.
Si nécessaire l'aide d'un orthophoniste sera
sollicitée.
Dès son admission dans le service, il faut étudier
ensemble et de façon prioritaire les aides à mettre en
place:
- Obtention du oui et du non par geste: avec la tête, le bras
valide.
- Expression du oui et du non à l' aide un objet
désigné
- Alphabet sur fiche, composé de grandes lettres de couleurs
différentes.
- Fiches où sont écrits les besoins les plus
fréquents, les plus importants: Soif, douleurs, uriner,
manger, dormir etc...
- Fiches où sont dessinés les besoins les plus
fréquents.
Tous ces supports de communication peuvent être
réalisés, avec l'aide des soignants, par la famille. En
prenant une part plus active au soin, elle fera partie de
l'équipe et se rapprochera de nous au lieu de nous
reprocher...
Remarque: De nombreux soignants nous ont fait la remarque
suivante: la dépression liée à la maladie parait
plus fréquente chez l'homme que chez la femme. Cette
observation nous parait juste, bien qu'aucune étude à
notre connaissance n'en fasse état. Si elle s' averrait
exacte, l'explication serait peut-être que l'image de l'homme
viril serait détruite, de l'homme fort.
Ce point nous semble pouvoir être rapproché des
attitudes différentes de l'Homme et de la Femme devant la
mort. René Laforestie, psychologue-clinicien écrivait
en 81: "L'approche de la mort
différencie très nettement le vécu de l'homme et
de la femme âgés. L'homme âgé semble
profondément agressé par l'angoisse de la mort... Il
refuse de s'épanouir dans la vieillesse... La femme
âgée, par contre, accepte plus facilement la
réalité de sa propre fin. Elle s'efface avec douceur et
utilise la régression comme mécanisme d'adaptation
psychologique à son dernier parcours..."
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