La maladie d'Alzheimer :

quelle en est la cause? Peut-on la retarder?

 

Durant le vieillissement cérébral naturel, les neurones (les cellules jouant un rôle primordial dans le fonctionnement du cerveau) perdent leur efficacité mais restent relativement intacts. Cela n'est pas le cas chez une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer. Celle-ci se traduit par une perte importante et progressive (cette perte s'accélère au fur et à mesure que la maladie évolue) de neurones situés dans certaines parties du cerveau. Ces lésions du cerveau précèdent l'apparition durable d'une multitude de symptômes (troubles de la mémoire, du jugement et du langage, perte de l'orientation, troubles du comportement et de l'humeur...) Nous dirons que la personne est atteinte de démence (terme médical désignant une détérioration durable des fonctions intellectuelles) de type Alzheimer (la maladie d'Alzheimer est la cause principale des démences).

La cause déclenchant la maladie est actuellement inconnue, ce qui est explique pourquoi celle-ci est aujourd'hui incurable. Les traitements actuels, appliqués selon le stade de la maladie (les cliniciens ont déterminé quatre stades de la maladie: léger, modéré, grave et terminal), ont pour objectif de ralentir la progression de la maladie, d'atténuer provisoirement les déficits cognitifs (mémoire) de la personne souffrante. De futurs traitements sont à l'étude mais sont bien évidemment indisponibles. Ils visent entre autre à bloquer les effets d'une substance (appelée protéine béta-amyloïde) qui, en s'accumulant anormalement dans le cerveau du malade, s'attaque aux neurones.

Les risques. Bien que la cause soit inconnue, nous savons qu'il existe plusieurs facteurs augmentant le risque de développer une maladie d'Alzheimer. L'âge apparaît comme le plus important, ce qui explique pourquoi le nombre de personnes atteintes augmente au fur et à mesure que la population vieillit (il convient de souligner que la maladie d'Alzheimer ne serait pas une évolution inéluctable du vieillissement du cerveau). De plus, les études épidémiologiques ont montré qu'une modification de l'ADN (la molécule support de l'information génétique assurant le bon fonctionnement des cellules) augmente le risque d'être atteint de la maladie. Mais la génétique n'explique pas tout puisque la majorité des cas sont sans lien héréditaire évident (on dit alors que les sujets sont atteints de la forme sporadique de la maladie). Enfin, les antécédants médicaux (maladies cardiovasculaires, traumatismes crâniens, dépressionƒ), le mode de vie, voire des substances toxiques (hypothèse controversée à l'heure actuelle) favoriseraient chez certains individus son apparition. A l'inverse, le niveau d'éducation, une alimentation saine et une bonne hygiène physique et mentale pourraient la retarder. Une approche préventive évaluant le risque de chacun serait pertinente. La multiplicité de ces facteurs (vraisemblablement interdépendants) expliquerait pourquoi cette maladie se présente sous des aspects très divers, affecte inégalement les personnes (ainsi elle peut toucher une personne âgée de 40 ans et sa durée moyenne après diagnostic varie de 5 à 8 ans), soulevant l'hypothèse qu'il existe plusieurs formes de cette maladie.

Stephane Bastianetto

Docteur en neurosciences , site internet: neuromedia

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